11:53

6 jan

Robert et Marcel

photographe,photographie,irving s. t. garp,Robert,Marcel,homme,chaise,t-shirt

A droite Robert, à gauche Marcel, indissociables.
Robert précède Marcel et prête son nom, encombrant de légèreté.
Marcel écoute, il est sourd ; il regarde, il est seul.
Il cherche le monde et trouve Robert, enfile Robert et trouve l'angoisse.
L'angoisse est vide et bleue, rassurante comme une douce mélodie triste.
La musique change, tout devient drôle.
Marcel emmène Robert, fait rire les foules et prête son nom, porteur de légèreté.
La distraction est parfaite, vide et bleue, rassurante comme une journée bien remplie.
Il cherche le monde et trouve le rien ; enfile le rien et laisse Robert.
L'espace se ferme,
Chacun se range,
L'un est absent et l'autre mort.

Priscilla Bouvier


| |  Facebook | | |

19:03

16 déc

Un Calme apparent

photographe,photographie,irving s. t. garp,femm,attente,fantômes,dépression

J'aime beaucoup cette photo avec la présence de cette fille qui étonne ou qui effraie par son apparence torturée, aliénée. C’est la démence et la peur de cette différence qui me touchent le plus, sans doute parce que j’étudie la psychologie. A mes yeux, cette photo est une excellente représentation de l'aliénation ! La froideur, la terreur dégagée par le décor, par les expressions du visage reflètent le quotidien des personnes au psychisme différent, le calvaire quotidien qu'elles vivent et la frayeur qu'elles inspirent. La beauté de cette photo se trouve dans l'émotion qu'elle provoque...

Emy Neirynck

| |  Facebook | | |

15:10

19 nov

Le Dératiseur de l'Opéra

photographe,photographie,irving s. t. garp,tutu,danseuses,petits rats,dératiseur,rats,opéra,danse

C’était un samedi de janvier, le temps se RAfraîchissait sérieusement.
Comme tous les jours je sortais RAgaillardi, laissant ma progéniture regarder une fois de plus cette RAvissante histoire de RAtatouille.
Sous les regards critiques et les RAgots permanents de la RAcaille du quartier, je RAssemblais le matériel nécessaire à l’opération du jour.
Tel un RApace, je rôdais dans cette banlieue chic à la recherche désespérée de mes proies.
Soudain, je vis cet immeuble sinistre et peu Ragoutant. De toute évidence, c’était là, je le sentais.
En me RApprochant, j’entendis leurs Râles si particuliers, j’étais RAssuré.
Je les aperçus enfin, s’adonnant à leurs jeux favoris, sautant, tournant sur elles-mêmes, s’étirant et se mettant même sur la pointe de leurs pattes. Quel ravissement !
Il était temps de passer à l’action, l’équipe était déjà en place. Aux commandes, Irving S.T. Garp pour qui ce n’était pas une première, il maîtrisait le sujet c’était certain.
Sans me laisser RAttraper par les émotions, je devais RApidement me mettre en place. Il ne fallait pas RAter le moment propice, ce devait être RAdical.
Elles étaient là dans un coin, face à leur destin.
Leurs regards apeurés me RAmenèrent pour la première fois à la réalité, mais il était déjà trop tard, mon acte était à tout jamais figé par l’artiste.
Des remords, sans doute…
C’est peut-être ce qu’on appelle les risques du métier…

Vincent Facon


| |  Facebook | | |

09:54

5 nov

Barbie-turique (3)

photographe,photographie,irving s. t. garp,Barbie,fille,enfant,déressif,dépression,barbituriques,dessins,noir

Irving S.T. Garp ne cache pas avoir fait référence à John Irving et son « Monde selon Garp » pour trouver son nom « public ».
Ce cliché m’a tout de suite rappelé le titre d’une autre œuvre de ce prolifique romancier d’outre Atlantique qui est « L’œuvre de Dieu, la part du Diable ».
Le parallèle s’arrête là, car le livre est plutôt drôle et léger.
Une charmante petite fille blonde, du moins, on l’imagine, si elle enfile une robe rose à pois blancs et petits volants. Barbie, Belle au Bois Dormant, dans les bras, elle est assise à la balançoire toute neuve, que son papa a fixé près du saule à gauche de la terrasse.
Mais l’œuvre de Dieu s’arrête à sa physionomie. Le Diable a pris le contrôle de l’esprit. Ca remugle dans sa tête, ça nauséabonde, ça miasme.
Devant l’inquiétude des parents qui courent les spécialistes des enfants, du cerveau et parfois des deux à la fois, les réponses se télescopent. Entre la culpabilisation, la fécondation, les anciennes générations, l’alimentation… c’est « l’épopée des buveurs d’eau », on surfe sur les vagues des différents courants, écoles, modes. Résultat : la mère est démontée, le père est remonté. Néanmoins, l’étendard du « Il faut que jeunesse se passe » est levé, on leur conseille de la laisser faire. C’est « l’enfant de la balle » qu’on se relance d’une « quatrième main ».
Ils ne savent pas le drame qui est en train de se jouer dans la chambre, au-dessus de leur tête. Pourtant, ce n’est pas faute d’essayer de les prévenir. Après un Requiem de Fauré, les 7 dernières paroles du Christ en Croix de César Franck, la radio lance Purcell qui enterre la Reine Mary.
Tout est prêt, ça fait des semaines qu’on y pense. La vie ne vaut pas la peine d’être vécue. Ken ne s’intéresse qu’au sport, Cindy ne s’intéresse qu’à la hauteur des talons de ses chaussures. Les garçons font les paons et les filles gloussent. C’est quoi cette basse-cour ? La ferme ! « Liberté pour les ours » ! Je veux qu’on me foute la paix. Je ne veux pas aller skier, je ne veux pas porter ce magnifique petit dessus cintré turquoise qui irait si bien avec mes yeux. Je ne veux pas aller danser sur la plage, je ne veux pas faire un tour en voiture décapotable… On voudrait me faire jouer « à moi tout seul, bien des personnages ». Et pour quoi, pour finir dans un « Mariage Poids moyen », « Veuve de Papier » ou prostituée dans un « Hôtel New Hampshire » ? Personne ne pense donc à la planète, à notre terre qui s’étiole, s’effrite, se désagrège sous notre stupidité. Non, je ne veux plus voir ça. Heureusement, elle l’a compris. C’était ma « dernière nuit à Twisted River ».
Ce soir, on joue à l’euthanasie.
Après, qui sait, elle jouera peut-être au suicide ?
De toute façon, « je te retrouverai » mais de quel côté ? Dieu ou Diable ?

Marie taquin


| |  Facebook | | |

17:51

14 oct

Morning Blues

photographe,photographie,irving s. t. garp,femme,homme,nu,nue,nudité,matelas,alcool,drogue,matin,bleu

Encore une journée comme les autres.
Encore une nuit comme les autres.
C’est drôle, étant ado, je me plaisais à répéter : « Les jours qui se ressemblent, c’est pas pour les gens comme nous. » J’étais à l’époque convaincue d’avoir une vie trépidante, pleine de rebondissements, de détenir le savoir, je me permettais de regarder les gens qui partaient bosser le matin avec mépris, alors que, moi, ma journée se finissait et que je pouvais aller paisiblement me reposer. Je vivais à l’envers et j’en étais fière. Et quand on dit « vivre à l’envers » ça ne comporte pas simplement  le fait de vivre la nuit. Ça comporte surtout le fait de grandir très vite, pour régresser pendant le reste des années à suivre. Ça, je ne l’ai compris que bien plus tard… trop tard, quand ma volonté s’était déjà fait la malle depuis longtemps.
(…)
5 heures 17
Aïe, ma tête ! Est-ce que j’ai dormi ? Je me souviens vaguement d’avoir somnolé, je ne suis pas reposée. Je regarde autour de moi en tentant de rassembler les morceaux de ma tête. Même décor, rien n’a changé. Tant mieux. Je traîne avec difficulté ma douloureuse carcasse vers ce sol qui me sert de cendrier. Je porte le joint à ma bouche, voilà qui devrait m’aider à y voir plus clair. Si je n’étais pas aussi lasse, je rirais à voix haute de ce bel euphémisme. Un regard à gauche calme en un rien de temps les battements de mon cœur en train de s’affoler à l’idée que je puisse être seule. Pas de panique, mon fidèle compagnon ne m’a pas encore lâché, il trône fièrement en vestige de cette soirée mémorable. Il est la seule chose qui soit droite, propre, alignée, rangée ici. Je souris à cette idée. Ma vie est un foutoir, mon squat est le reflet de ma vie. En bordel et sale. Rien à foutre. Un coup dans mon dos me sort de mes pensées, je peine à tourner la tête et j’aperçois un cadavre. Mais qui c’est celui-là ? Putain, j’espère que c’est le dealer. Je tente vainement de le retourner, sans succès. C’est qu’il pèse lourd, ce con. Je tente d’examiner ce corps, voir s’il m’est familier. Le cul ne me dit rien. Les cheveux non plus. Eh merde, black out.
(…)
Ma langue, souillée dans la débauche, patauge dans une écume pâteuse. Est-ce ça, la liberté ? La tête de mes 15ans me revient subitement. Ma petite bouille aux joues rondes signe de l’enfant qui bataille pour survivre malgré que l’adolescence m’appelle, avec ces dreadlocks dansant sur sa tête, soulignant l’espoir de cette vie future. Je parviens à me distinguer dans le miroir, cheveux ternes, plats. Joues creusées. Difficile de retrouver cette gamine pleine d’espoir quant à sa petite vie d’anarchiste et de débauche qu’elle se rêvait de dessiner. Elle était là il y a pourtant seulement 4 ans. 4 ans qui paraissent plus long que toute une vie.  Flash. J’sais pas si c’est moi qui marche de travers ou si c’est les gens qui me bousculent. J’ai perdu. Et au final, c’est peut-être pas plus mal.

Jessica Foschi


| |  Facebook | | |

19:11

30 sep

Les fétichistes anonymes

photographe,photographie,irving s. t. garp,fétichistes,anonymes,réunion,culotte,string,sous-vêtement

Petit rappel : « Un fétichisme sexuel est une excitation sexuelle causée par un contact visuel et/ou physique d'un objet, d'une partie du corps spécifique ou d'une situation. Ce type de fétiche peut inclure le partialisme (toucher ou visualisation des parties du corps, entre autres seins, fesses, jambes, nombril, mains, nez ou plus communément pieds), un ou plusieurs objets (gants, collants, bottes et chaussures), ou une matière (cuir et latex). Dans les cultures primitives, le fétichisme désigne l’adoration d’idoles ou d’objets fétiches censés être dotés d'un pouvoir. Au tournant des XIXe et XXe siècles, le terme subit une extension du champ sémantique vers le domaine sexuel. Un fétichiste devient l’adepte non plus d’une religion, mais d’une activité sexuelle évolutive selon la liberté. »
Les fétichismes les plus courants étant les dessous féminins, les chaussures à talons, les bas, les pieds de femme, le cuir, le latex, on peut se demander si la Femme ne serait pas l’ultime accessoire indispensable, la came du mâle fétichiste.
Depuis longtemps, et encore actuellement, beaucoup confondent fétichisme et BDSM (même s’il est vrai que dans la réalité les deux milieux sont étroitement liés, autant liés que fétichisme et libertinage). De ce fait, le fétichisme est resté bien caché, enfoui sous le lourd manteau de la pudeur et de la moralité.
Bien que les médias et les réseaux sociaux commencent désormais à les faire apparaître au grand jour, nous les dévoilent sous toutes leurs formes, nous en faisant découvrir l’esthétisme, la mise en valeur, les arts qui y sont associés, le fait d’être fétichiste amène bien (trop ?) souvent à s’en cacher, à ne pas l’avouer, à avoir presque honte de ses fantasmes «déviants»… à placer ses préférences au même rang qu’une maladie… C’est cette incompréhension de ce refoulement qui m’a interpellée et fait choisir ce cliché d’Irving S. T. Garp, parmi toutes ses photos timbrées qui sortent de son imagination, pour notre plus grand plaisir…
Pour celles et ceux qui souhaiteraient découvrir le fétichisme en douceur je ne saurais que trop vous recommander les clichés de Peter Czernich, d’Eric Bonzi , des Ultimate psycho, de Julien Reynaud, de Phoebus Kalista, d‘Olivier Bœuf, de Jêrome Zarbeb, de Frédéric Fontenoy… Et la liste est encore longue…
Pour y mettre un pied par le biais d’une soirée, je vous conseille le Bal des Supplices, ou l’Obscène Factory pour la France, les incontournables Torture Garden pour l’Angleterre, les Fetish Project belges, la Fetish Evolution pour l’Allemagne… Bien que les noms des soirées puissent laisser imaginer des scènes insoutenables, elles sont, en dehors de l’incontournable «coin donjon», une occasion de se réunir entre personnes partageant les mêmes fantasmes, les assouvir si l’on veut, dans nos tenues et accessoires importables ailleurs (merci à tous ces fantastiques créateurs, magiciens du cuir, du latex, du vinyle, du métal…), le tout dans des ambiances de folie… Remercions les organisateurs de toutes ces soirées d’offrir la possibilité, l’espace d’un instant, de sortir de cet anonymat !
En espérant que vous verrez cet univers sous un autre œil, car après tout, nous sommes tous des fétichistes en puissance, en devenir ou refoulés : il n’y a pas que le fétichisme «sexuel». On adore tous quelque chose à l’extrême. Cherchez bien…
Fétichement vôtre

Thalia

www.wix.com/thaliamodele/thalia

| |  Facebook | | |

08:20

24 sep

Omar m'a maquiller

photographe,photographie,irving s. t. garp,omar,maquiller,maquillage,rouge,fard,rimmel,meurtre

« J’ai vraiment cru que j’allais mourir d’asphyxie avec tous mes pores recouverts et obstrués. De quoi en plus finir morte et pleine de boutons ! Tu n’imagines pas la scène, c’était horrible !
 
Je rentre du boulot, je jette tout sur le canapé, je branche la télé... Je vais dans la salle de bain pour me refaire une beauté, car je prévoyais de sortir prendre un verre avec une copine. Je me mets devant la glace, j’inspecte mon make-up et là, j’entends des bruits bizarres derrière moi… Clac  clac ! Sur le moment, je n’y ai pas prêté grande attention, mais d’un coup le rideau de douche qui se trouvait dans mon dos s’est ouvert brusquement et là, j’ai tellement eu peur que je suis tombée dans les pommes.
 
A mon réveil, il me manquait mon tailleur, je n’étais plus qu’en culotte, haut et talons. Au sol, il y avait plein d’affaires à maquillage et de poudres différentes éparpillées un peu partout, poudre à paupières, poudre de teint, blush… C’était un vrai carnage ! Mais le pire… c’est quand je me suis relevée. Me dirigeant instinctivement vers la glace, j’ai été prise de torpeur ! J’étais maquillée outrageusement, mon visage avait été défiguré par des couleurs criardes et des couches successives de maquillage qui formait une véritable mille-feuille sur ma peau. Alors, je me suis sentie très mal, et je sentais que je perdais de nouveau pied face à la vision de ce crime esthétique.
 
J’essayais de me rappeler ce qu’il s’était passé et de m’accrocher à ces souvenirs pour en laisser une trace avant de m’évanouir de nouveau. Là, je me suis rappelée des détails. Le rideau s’ouvre, je sursaute, j’aperçois une énorme masse dans la douche. J’ai vu dans ma glace le reflet d’une chose énorme et immonde, une grosse masse bleue-grise qui faisait des bruits effrayants avec les membres volumineux qui lui servaient de bras et de mains. J’agrippe rapidement un rouge à lèvres, et là je grave mon souvenir sur ma porte de salle de bain, avant de tomber encore une fois dans les pommes.
 
Non mais, tu aurais pu croire ça ? Que ça m’arrive à moi ? Jamais je n’aurais pensé être un jour agressée par un homard fétichiste du maquillage. Mais tu t’étonnes qu'il soit frustré, le pauvre, avec des énormes pinces à la place des mains, comment pourrait-il un jour réaliser un make-up digne de ce nom ?! Je le plains en fait. »

Ava Brown

| |  Facebook | | |

18:56

17 sep

"Vous avez dit bizarre ?" à l'Espace Arte-Fac

irving s. t. garp,photographe,exposition

"VOUS AVEZ DIT BIZARRE ? " & "VERY FAST TRIP"

Irving S. T. Garp vous invite à découvrir sa série "Vous avez dit bizarre ?", une caricature photographique qui porte un regard décalé et ironique sur notre société et ses travers.

"Lessivée", la photo qui illustre l'exposition, a été lauréate du grand concours international organisé par le magazine PHOTO.

Irving S. T. Garp ouvre les portes de son exposition à Michaël Massart et sa série "Very Fast Trip", une fable contemporaine sur l'obsolescence programmée, la surconsommation. Ce que notre société porte aux nues aujourd'hui est jeté à la poubelle le lendemain. Grandeur et décadence : les meilleures ennemies du monde.

Les artistes vous proposent de découvrir leurs univers photographiques.

Où ? : "Espace Arte-Fac", Avenue Martin V, 14 à 1200 Bruxelles (Métro Alma)

Quand ? : Du 14 octobre au 2 novembre 2013

Horaire : Le lundi de 13 h à 19 h - Du mardi au vendredi de 13 h à 17 h

Rencontrez les artistes le samedi 2 novembre de 14 h à 16 h

Vernissage le mardi 15 octobre de 17 h à 21 h. Invitation cordiale à tous.
Lors du vernissage, Irving S. T. Garp dévoilera en exclusivité plusieurs photos inédites.



| |  Facebook | | |

08:16

10 sep

Mort de Faim

photographe,photographie,irving s. t. garp,mort,faim,mendiant,mendicité,rue,trottoir,pièce,meutre,indifférence

"Qui étais-tu ? D'où venais-tu ? Quel était ton visage ?"… telles sont les questions qui me sont venues à l'esprit en voyant cette photographie. Je l'ai choisie, car son originalité réside dans le fait que le sujet en est absent. Les témoins de sa présence ne sont pas humains, mais de dérisoires objets: un carton et des traces de craie. Nous ne le voyons pas sur cette photo, mais l'avons-nous vu avant qu'il ne disparaisse ? Ou était-ce une femme ? Nous ne le savons pas : sans domicile fixe, sans visage ineffable, vie effaçable. Qui était-il ? Que faisait-elle ?

La photo indique qu'il est mort de faim, mais nous laisse dans l'incertitude concernant sa vie. Par la photographie, nous parlons de son existence : le temps de ce texte, cette personne décédée prend vie. Mais qui était-elle ? Quelle était son histoire ? Que lui était-elle arrivé pour en arriver là  ? "Il", "elle", cela n'a plus d'importance. Le temps de ces interrogations, elle existe et c'est le plus important. Le carton sur lequel est écrit : "Mort de faim" nous fait penser que, bien que passé à trépas, le vagabond continue de mendier comme si le lieu avait pris l'empreinte de sa présence et de sa souffrance. Comment soulager une personne ? Comment soulager un lieu ? Est-il mort en janvier, en novembre ? Était-ce la nuit ou le jour ? A moins que pour lui ou elle, le temps n'avait suspendu son vol depuis longtemps, comme s'il s'était échappé de l'emprise temporelle qui pèse sur chacun de nous. Peut-être même, continue- t-elle à mendier, dans ce froid glacé, à mendier avec son  carton pour récolter de maigres pièces. Assise à cet endroit, elle devait y passer des heures. Sans doute, la Mort n'a-t-elle pu elle-même l'en dissocier ? La photographie cadre le tracé dessiné à la craie par la police : ce n'est plus une personne qui est ciblée, mais le fantôme de son inéluctable absence ?
.
Sans le regard des autres pour qu'elle puisse se voir elle-même, elle a commencé à se perdre, à mourir. Le début de la déchéance n'est pas l’abandon, mais la fuite du regard. A ce moment-là, cette femme commençait à se perdre elle-même, sans personne pour lui dire qu'elle existait. Nous existons par le biais des yeux de ceux qui nous entourent. Nous vivons grâce à cette interrelation. Sans cette amarre, que faire alors ? Mourir…

Et pourtant, la vie semble s'amuser à faire un sacré pied de nez à la mort, en redonnant vie à la défunte, le temps d'une photo. Nous voyons son lieu de vie, nous voyons ses objets et devinons l’utilité qu'elle en avait. Malgré la mort, la vie continue de les animer et d'alimenter cette discussion écrite. Ainsi, une simple photographie peut être l'imparable et redoutable objet de régénérescence, si d'autres personnes sont présentes pour les voir.  Voir c'est vivre. Si le vagabond souffrait de la solitude, ce n'est plus le cas ; Nous sommes plusieurs à disséquer ses dernier gestes, dernière posture, dernière pensées.

Ainsi, cette photographie redonne vie à cette personne,  femme ou homme décédé,  par les paroles échangées entre les visiteurs de cette exposition, sur le blog.

Sandra Bisseron

| |  Facebook | | |

18:58

2 sep

Face à mon Destin

Face à mon Destin - I.jpg

Cette image, très forte, oscille entre l’onirisme cauchemardesque et le réalisme social. Une sorte de voie sans issue ou même le demi-tour semble improbable tant le personnage semble figé devant ce mur de briques. Cette sensation de demi-tour impossible est renforcée par la carrure de l’homme prenant toute la largeur du couloir. Ses épaules affaissées indiquent un renoncement. Le cadrage en plan américain suggère également cette idée comme si le modèle était « planté » ad eternam devant ce mur.
Sans doute l’analogie avec le thème du film « the wall » peut-il traverser l’esprit du spectateur, mais ici, contrairement au film, personne ne semble attendre au-dehors du mur.
L’idée d’isolement, à la limite de la folie, envahit l’espace et se projette à nous autres, spectateurs à l’extérieur. Nous sommes aussi impuissants à l’aider que lui à bouger.
Techniquement renforcée par un rendu très dur (évident sur les briques et les vêtements), un cadrage centré et un plan serré, c’est l’image parfaite de l’impasse onirique et sociale que le titre, « Face à mon destin » souligne à merveille. Et, avec toujours en filigrane : l’ironie, un destin vide pour une photo pleine (de briques).

Michel Chauvin

| |  Facebook | | |

18:15

26 aoû

Le Bondage en 1 Leçon

photographe,photographie,irving s. t. garp,bondage,suicide,mort,corde

J'entends sans cesse le bruit d'une poutre qui craque et d'une corde qui se tend. Je ferme les yeux et je la vois au bout de cette corde, au bout de sa vie, se balancer sans s'arrêter.
Sa petite tête s'était perdue dans ces ingénieux cordages, et elle restait là, au milieu de cette pièce, à léviter. Elle était belle malgré tout. Ses mains béantes et ses jambes interminables me rappelaient les odalisques que tant de peintres se sont tués à illustrer. A présent, c'était elle l'oeuvre d'art, la Madone des pendus, la Vénus au bout d'une corde. Tout était tellement beau qu'il ne m'est jamais venu à l'idée de la décrocher. Alors, je l'ai photographiée... une dernière fois.
Elle brillait de mille feux. Le flash la caressait, et mon objectif la décortiquait. Mais son visage était affreux. Je l'ai regardée avec minutie et amour, comme au lever du jour, les matins où j'attendais qu'elle se réveille, s’étire et se trémousse comme une petite chatte les longues nuits d'été. Elle était devenue écarlate et ses yeux brillaient encore, je pouvais presque l'entendre suffoquer, me supplier de ne pas l'enfermer dans ce vulgaire sac de jute.
A cet instant précis, elle était parfaite. Sous son nouveau masque, je me plaisais à l'imaginer en larmes, et son visage déformé par la peur.
Une corde et un jeu, une morte et un noeud, voilà donc la fin de l'histoire où en commence une autre, après tout, ce n'était qu'une simple leçon de bondage.

Charlie Troll's
http://charlie-is-a-troll.overblog.com/

| |  Facebook | | |

08:26

20 aoû

J'm'en balance

photographe,photographie,irving s. t. garp,balance, poids,régime,kilo,manger,nourriture,femme,poids,surpoids,obésité,obèse,gros,grosse

Si la maigrelette branche de céleri était au plaisir ce que la tarte à la crème est à la langue qui salive, nous serions toutes en train de danser la lambada à l’idée d’entamer le nouveau régime que les magazines nous vendent au sortir des fêtes de fin d’année. Car, à en croire les titres tapageurs des médias, il nous faudrait, à nous, gente féminine, accorder notre emploi du temps sur les différentes diètes proposées. Raffermissons, tonifions, musclons, perdons nos centimètres de tour de taille, tour de cuisses, détoxons, mangeons 5 fruits et légumes par jour, mais privilégions le pamplemousse à la banane, le jus de citron au sirop de cassis histoire d’espérer enfin rentrer dans un pantalon taille 16 ans que nous proposent les mannequins de 15 ans et 45 kilos sur les catwalks du monde entier.
STOP ! Et quoi ? Et si moi j’ai décidé que j’m’en balance ? Que franchement, je trouve que les trois grâces de Rubens ont l’air quand même éminemment plus sympathiques que Kate Moss et que, moi aussi, je préfère danser à poil dans un sous-bois avec mes copines que de tirer la tronche parce que mon dernier vrai repas doit remonter à ma période couches-culottes. Parce que, on ne me fera pas croire que suivre les dictats de notre société qui s’évertue à nous faire penser que la plus jolie partie de notre corps sont nos côtes saillantes et nos fesses plates m’amènera à être épanouie et bien dans mon slip ! J’ai donc décidé que tant qu’on n’aura pas trouvé un moyen de donner à cette branche de céleri un goût « boule de Berlin » ou « profiteroles au chocolat », Kate Moss et ses copines peuvent bien continuer à se dandiner en couverture de magazine le ventre vide ! Je m’en tape, je m’en fous et j’m’en balance !

Sophie Gérard

| |  Facebook | | |

Steak de Cheval

photographe,photographie,irving s. t. garp,cheval,steak,boucherie,viande,boucer,selle,cavalier,cavalière

L’absence

Qu’y a-t-il de plus fort que l’absence pour sublimer la beauté ?
Qu’y a-t-il de plus puissant que la perte pour démontrer l’importance ?
La plus belle conquête de l’homme réduite à sa plus simple expression.
Absent…on rêve de crinière au vent, de pas reposant, de trot revigorant et de galops enivrants.
Perdu…on se souvient de la douceur de son poil, de son coup de tête sur l’épaule, de son hennissement joyeux et de sa fière allure.
Il est là !
Ailleurs que dans la vitrine ou sous la selle : il vit !
Ses muscles saillants, ses nasaux dilatés, ses oreilles en avant, son encolure dressée, de toute sa force, de toute sa splendeur, de toute sa majesté, il règne sur mon esprit.

 

Anne Bouvier


| |  Facebook | | |

08:10

13 aoû

Erreur de Casting

Erreur de Casting - I.jpg

Couramment, une erreur est un acte inadapté à une situation.
Cette photo nous invite à chercher l'intrus.
Cette dame à droite semble correspondre à cette définition. Assise sur sa chaise, elle nous regarde d'un air bienveillant, serrant son sac à main bleu contre elle pour se rassurer. Ses habits noirs veulent la cacher, elle veut s'effacer pour que personne ne la regarde. Plaire ? Quelle drôle d'idée !
A sa gauche, deux femmes attendent. Jeunes et fines, elles adoptent une posture stricte. La tête haute, les mains manucurées, ces deux femmes sont le symbole de l'élégance. Celles-ci sont anonymes, froides, ressemblant à des robots mécaniques.
C'est alors l'erreur (la dame en noir) qui nous touche, amène de la vie, du sentiment à cette mise en scène.

"Le beau est toujours bizarre" disait Baudelaire. Cette photo est bizarre parce qu'elle confronte le banal au superficiel, parce qu'elle nous amène à aimer l'erreur, l'imperfection.

Charlotte Pilat
Photographe



| |  Facebook | | |

08:06

30 jui

Myxomatose

photographe,photographie,irving s. t. garp,myxomatose,femme,playboy,lapin,bunny,vieille,vieillesse

"Old Bunny"

Moi qui fus une Bunny pétillante et sexy, me voilà aujourd'hui toute décatie, perclue de rhumatismes, effets douloureux de la myxomatose des Bunnies. Risques du métier !

Je n'ai aujourd’hui comme seul compagnon que mon cher déambulateur.

Oui, il fut un temps où je passais avec agilité, souriante, la poitrine en avant, mon plateau de boissons à bout de bras, ma petite queue en fourrure frétillant de plaisir, entre les clients qui n'avaient d'yeux que pour mes charmes.

Bunny, je fus, Bunny, je reste ! Jamais je ne quitte ma tenue : serre-tête, poignets, body. Seules s'ajoutent des chaussettes… à mon âge, un rhume est si vite arrivé !

Brigitte

 

 

| |  Facebook | | |

08:09

16 jui

Ceci n'est pas une Pipe

Ceci n'est pas une pipe.jpg

Lecture matinale

 

Il a pris le livre

Sur la table

Il a feuilleté 

Page après page

Il s'est amusé de sa lecture, puis

Avec langueur, il a soupiré.

Il a marché jusqu'à moi

Et il s'est arrêté, tout près

Il a allumé sa pipe

Il a fait rougeoyer le tabac

Il a mis les cendres dans le cendrier

Sans me parler

Sans me regarder

Il s'est assis

Il a posé son chapeau sur l'horizon

Il a ouvert son veston

Parce qu'il s'impatientait un peu

Et il est resté fasciné

Sous le charme de sa lecture

Sans un mot

Sans un geste

Et moi, j'ai pris sa pipe dans le cendrier

Et j'ai fumé.

 

Chrystel 

http://lejournaldechrys.blogspot.be/

http://chrystel-mphotographies.blogspot.fr/

 

| |  Facebook | | |

08:11

2 jui

Chambre à Part

irving s. t. garp,photographe,photographie,homm,femme,couple,chambre,lit,sexualité,hétéro,gay,lesbienne,homosexualité

Dans le lit, tout est affaire de taille : 1m20, 1m40, 1m60, voire plus de 2 mètres sur 1m80, 2 mètres et plus encore… C’est donc un peu plus d’1.05 m² qui distingue le lit d’amour du libertin du lit au format le plus répandu sous nos latitudes. 1 mètre² qui peut faire toute la différence puisque de lieu de proximité, de promiscuité des corps menant inévitablement à une rencontre sensuelle, il peut se muer en une frontière, un mur, un no mans’ land séparant ces mêmes corps qui d’objets de désir et d’union sont devenus étrangers l’un pour l’autre, dépositaires de la colère, de la rancœur, de la lassitude mais toujours objets des passions humaines. Bien que conjugal, le lit n’en est pas moins composé de deux parties, le côté gauche et le côté droit, et à chacun son côté !  Ainsi, selon le moment et l’humeur, un est deux et deux font un. Il voit la  rencontre de passage comme celle de toute une vie. Il est le témoin privilégié de la condition humaine : on y naît, on y dort, on y fait l’amour, on y souffre, on s’y déchire, on s’y retrouve, on s’y réconcilie, on y parle, on y meurt. S’il est objet de repos, il est également sujet d’évasion. Un lit, c’est quelques mètres carrés qui constituent un monde en soi, témoin privilégié de la destinée humaine qui parfois s’efface sous la forme d’un canapé.

Philippe Rouard




| |  Facebook | | |

08:05

25 jui

Children are not Sex Toys

photographe,photographie,irving s. t. garp,enfant,pédophile,pédophilie,sexe,marionnette

Lorsque j’ai vu la première fois cette photo, elle m’a très fortement dérangée ! Elle est allée chercher au plus profond de moi une crainte secrètement cachée : la peur de la pédophilie envers mes propres enfants.
La composition, les couleurs violentes, le sujet de cette photo, tout m’a interpellé et m’a horrifié.La pédophilie est un fléau qui fait peur à tous les parents. Elle reste un sujet tabou, entouré de silence, de honte, de secrets longuement cachés !
Cette photo provoque nos esprits et nous permet de mettre au grand jour cette lutte sans fin.
Au travers de ce cliché, le photographe traite d’un sujet fort et fait passer un message puissant : stop à la pédophilie, stop au silence.
C’est une photo qui nous apporte un message, qui nous fait ouvrir les yeux sur certaines réalités de la vie, et qui fait que nous avons envie de bouger…pour lutter !

Brigitte Mansencal
Photographe
www.brigittemphotography.com

| |  Facebook | | |

18:26

28 mai

Maurice B. Jars

photographe,photographie,Irving S. T. Garp,danse, danseur, danseuse, Maurice Béjart, jars, oie, tutu chausson

Ma première expérience.

Après avoir visité l’exposition « Le Corps décortiqué », j’ai eu l’occasion de partager mes appréciations avec Irving S. T. Garp. Son univers photographique m’avait séduit et j’en étais tombé sous le charme.  

-- Pourquoi ne pas poser ? me lança-t-il.

-- Et pourquoi pas ? lui ai-je répondu.

Moins de 48 heures après, je recevais une première proposition : poser pour une photo qui ferait partie d’une série pour l’hebdomadaire «Victoire », le supplément culturel du Soir. Quelques mails plus tard, me voilà au rendez-vous. Un cabinet médical transformé pour l’occasion en studio. Une dizaine de personnes  sont déjà là et pour ma part, je passerai, accompagné de deux danseuses juste après Blanche-Neige.  Passage obligé auprès des stylistes, de la maquilleuse et me voilà métamorphosé en Maurice Béjart chaussé de bottes en caoutchouc. Quelques prises de vues pour un total de quelques minutes et c’est dans la boîte.
Il ne me reste plus qu’à attendre la date de la publication. Le jour venu, je me suis empressé d’aller à la librairie acquérir quelques exemplaires du magazine Victoire. Quel plaisir de découvrir enfin LA photo en double page parmi plusieurs pages reprenant les autres photos de la série toutes aussi originale les unes que les autres…
Un succès pour Irving S. T. Garp !
Je pensais l’aventure terminée, mais dès le lendemain, je recevais de nombreuses réactions de collègues, d’amis et membres de ma famille. Près d’un an après, quelle n’a pas été ma surprise d’apprendre que la photo avait fait l’objet d’un travail scolaire et été exposée dans les couloirs d’une école.
Une chouette expérience qui m’a permis de découvrir, sous un autre angle, le monde d’Irving S. T. Garp.

Paul Schwartz.

| |  Facebook | | |

14:55

10 mai

Barbie-turique (2)

irving s. t. garp,photographe,photographie,bernard caelen

La première fois que j’ai croisé du regard un cliché d’Irving S. T. Garp, j’ai été captivé.
Par sa puissance évocatrice, tout d’abord. Par son intensité narrative, ensuite.
Une photographie comme « Barbie-turique » rayonne comme un uppercut dans le foie après une semaine de banquets de fin d’année. Elle vous cisaille comme un grincement de dent pendant une insomnie. Irving S. T. Garp raconte notre monde, ses excès, ses errements, avec une acuité et un humour pince-sans-rire dénué de la moindre prétention. Ce photographe-raconteur possède une qualité essentielle : un œil vif qui interroge l’humanité du spectateur. Pour le meilleur et pour le pire.

MORGAN DI SALVIA

| |  Facebook | | |

11:34

23 avr

Barbie-turique

Barbie-turique.jpg

Nous sommes une famille qui adore l'humour. Notre fille a hérité de ce style de pensée dès son plus jeune âge. Elle aime se métamorphoser et prendre la peau d'un personnage. La rencontre avec  Irving S. T. Garp s'est donc passée le plus naturellement possible. Il a cet humour décalé et libéré que nous apprécions. Il propose un autre regard sur les gens, un nouvel angle de vue sur la vie. L'univers rose de Barbie de notre fille apporte un décalage encore plus dramatique sur le désespoir de la mise en scène. Le choc entre les deux opposés provoque une douleur soudaine presque insupportable. Le jeu de mots rajoute incontestablement un plus à cette fiction.

Laurence Van Hoef

| |  Facebook | | |

13:51

9 avr

Chaque jour m’est une souffrance

Chaque Jour m'est une Souffrance.jpg

L’angoisse.  C’est par là que tout commence : une tache grise dans une peinture rutilante, un ver dans une pomme luisante, une larme sur une figure souriante.  C’est un poison qu’on s’injecte dans les veines, qui gagne peu à peu tout notre être et qui nous fait sombrer dans notre propre corps comme dans un gouffre.  Sauf qu’il n’y a pas de fond et on tombe, encore, encore, encore …

Et puis tout devient limpide.  Il faut que ça cesse : arrêter de souffrir dans sa tête en souffrant dans sa chair.  Ça devient impérieux, naturel.  On se met à chercher un objet coupant pour faire son office.  On finit TOUJOURS par en trouver un.  On en a disséminé un peu partout comme un chien qui enfouit ses os et ne les déterre que lorsqu’il a faim.

On applique alors la lame sur sa peau et on sourit car on sait qu’on va se purger de sa noirceur.  On appuie dessus et on se met à la faire glisser et tracer des sillons incarnats.
 
Les chairs s’écartent mais elles ne saignent pas tout de suite.  C’est comme si elles retenaient leur souffle avant d’expirer.  Puis tout à coup, le sang se met à affluer, à dessiner d’étranges arabesques sur la peau et venir former une flaque vermeille à nos pieds.

On sent le liquide s’écouler hors de nous.  Chaud, visqueux … rassurant.  On sent son odeur.  Douceâtre, cuivrée … réconfortante.  Il emporte avec lui le poison de l’angoisse.  On se sent en paix.

Et enfin on se rend compte de ce qu’on a fait …

| |  Facebook | | |

09:49

27 mar

Enceint(e) ?

irving s. t. garp,photographie,photographe,bernard caelen

« Enceint(e) ? » fait partie d’une série de photos publiée dans le magazine Victoire.

Cette photo a été la plus complexe à réaliser au niveau de la retouche et illustre aussi très bien l'humour et le cynisme que j'aime dans le travail d’Irving S. T. Garp.

Au début, Irving et moi-même étions partis sur une chromie beaucoup plus "Polaroid".

(J'aime travailler en duo avec le photographe, car cela permet d'aller directement dans la même direction, de gagner du temps et de n'avoir aucune frustration de la part des deux parties).

Cette version, que vous ne verrez sans doute jamais, était donc plus sombre et surtout beaucoup plus verte. Elle ne contenait pas non plus les éléments au sol (la canette et le landau).

Lorsque nous avons présenté la série complète dans sa première version, le magazine Victoire ne s'est pas retrouvé dans les couleurs ni dans l'histoire que racontait cette série.

Afin de satisfaire au mieux le client, nous avons donc dû relever un challenge : leur présenter une nouvelle version plus dynamique de la série sans pour autant pouvoir rephotographier !

Après réflexion, l'idée d'accentuer l'humour en incluant des éléments justifiant les poses des modèles et les titres des images a été trouvée. Les couleurs ont aussi étés rafraîchies pour enlever le côté vieillot et kitsch des images.

Irving et moi-même nous sommes-nous donc mis à la recherche d'images sur Internet qui pourraient être incrustées (Vive Photoshop !).

Tout le défi après était de rendre la lumière et les ombres crédibles. C'est une partie très excitante du boulot de retouche. Le avant/après est toujours gai à faire et la satisfaction d'avoir créé une nouvelle image, juste et drôle, est énorme!

Cette idée a fait mouche puisque Victoire a aimé et publié les photos.

Challenge réussi… Santé ! ;)

(L'abus d'alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération)

Antoine Melis
Retoucheur
www.antoinemelis.com

| |  Facebook | | |

13:18

11 mar

Le collectionneur

Le Collectionneur.jpg

   Quand je prendrai ma retraite, j'arrondirai mes fins de mois en faisant visiter ma maison, car elle a souvent été le théâtre des mises en scène photographiques d'Irving S. T. Garp.

   -- Bienvenue, Messieurs-Dames ! Je vous invite à me suivre... C'est ici, dans la salle de séjour, que "Les Stigmates de la Beauté" et "Autant en emporte le Vent" ont été réalisées.
   Quand je fais la visite avec des touristes japonais, il est amusant de les voir mitrailler les lieux avec leur Nikon alors qu'Irving est toujours resté fidèle à Canon.
   -- C'est ici, dans la cuisine, que "La Vie Sens dessus dessous de Mme Sacoche" a été réalisée.
   Je livre une anecdote :
   -- La veille de la séance-photos, un chat avait fait pipi dans le sac que la modèle porte sur la tête.
   La visite se poursuit sous les rires.
   -- C'est ici, dans ma chambre, qu'Irving a réalisé "Chaque Jour m'est une Souffrance", "Robert et Marcel" et "Le Collectionneur".
   Je livre un détail croustillant :
   -- C'est mon mari qui a fourni les deux caleçons qui ont servi à la mise en scène. Mais ils étaient propres, les rassuré-je.
   La visite terminée, un homme me tire par la manche et me demande où sont les toilettes. Oserais-je l'avouer ? Mes toilettes - où "La Reine des Chiottes" a été immortalisée sur son trône - sont le plus petit musée du monde. J'y expose les photos que j'ai faites avec Irving.
  -- Est-ce parce que tu trouves mes photos nulles à ch... ? me demande-t-il souvent, un sourire au coin des lèvres. 

Candice Lippens
Conservatrice du plus petit musée du monde

| |  Facebook | | |

06:21

12 fév

Dark Blue Night

Dark blue Night - I.jpg

Commenter « Dark Blue Night », photographie ou l’artiste lui-même est auteur – compositeur – interprète, sans parler d’Irving m’est impossible. Permettez-moi donc d’introduire mon commentaire par ces quelques lignes.

Irving S. T. Garp est bien plus qu’un photographe, c’est en véritable artiste qu’il évolue sur la scène belge. Parfois osés, fréquemment interpellants, souvent décalés, ses clichés sont le témoignage de son grand art. Irving fait l’analogie entre le roman « Le Monde selon Garp » de John Irving et son univers photographique en créant une situation inattendue dans une scène de la vie de « tous les jours » ; « Dark Blue Night » en est un parfait exemple.

J’interprète « Dark Blue Night » comme « l’artiste qui se met au service de son art »,

Irving se livrant ici sans aucune pudeur en affichant sa nudité sans pour autant l’imposer.

Cette photographie reflète l’ambiance « made in Irving» : épurée, macabre (rappelez-vous du succès de « L’Auto-stoppé »), mais aussi tellement humaine, interrogatrice, voire dérangeante… L’artiste parvient ici à transformer une salle de bain d’un hôtel de luxe en une pseudo chambre mortuaire de façon tout à fait surprenante.

Plus j’observe cette photo, plus je m’interroge, plus je pousse en moi cette réflexion profonde et personnelle qui, sans cette scène, je n’aurai certainement jamais eue. Dos à l’appareil, face au miroir, de reflet sur la table, de profil avec la tête cachée, sous tous ses angles, ce cliché est parfait !

Une modèle, une admiratrice, une amie.

Margaux RUBI

| |  Facebook | | |

10:53

21 jan

Lessivée

Lessivée - I.jpg

Tiens… encore un mail de Irving S. T. Garp! Il y avait longtemps… euh ou pas en fait ! Il faut dire qu’il ne sait pas se passer de moi. Non content de me voir presque tous les jours à la salle de fitness où nous sculptons nos corps comme il sculpte ses portraits (c’est-à-dire avec beaucoup de décalage), on discute encore par e-mails interposés comme un vieux couple gay… ce que nous ne sommes pas, je rassure tout de suite nos chères et tendres, au risque de décevoir une certaine tranche de la population qui aurait bien voulu, mais je digresse, je digresse. Il faut dire que c’est un peu ma spécialité… enfin, d’après Irving S. T. Garp. Moi, je ne trouve pas, mais passons !

Bon, que me veut-il, l’animal ? Une nouvelle photo pour laquelle il est en panne d’inspiration pour le titre ! Tiens, vous aurez remarqué que dans la phrase précédente, on pourrait éventuellement sous-entendre que ce n’est pas la première fois, voire même que c’est un phénomène assez répétitif ! Si, si, mettez-y l’intonation qu’il faut et vous verrez, enfin, vous entendrez, ce que je veux dire ! Non pas que je veuille exprimer d’une façon ou d’une autre que mon ami Irving soit un excellent photographe, mais un piètre « titreur », non, non, non ! Non pas non plus que je veuille exprimer le fait que son cerveau décalé soit plus axé sur l’image que sur l’idée potentielle et éventuellement sous-jacente qu’un titre pourrait sous-entendre, non, non, non ! Non pas enfin que je veuille me mettre en avant d’aucune façon en me présentant comme son maître à penser qui lui trouve, idées, titres et scenarii… non, non…

Cela dit, c’est arrivé plus d’une fois, mais chut, je ne pouvais pas le dire ! Enfin, cette phrase sera sans doute coupée au montage à l’instar des éléments indésirables qui le sont par Photoshop !

Bon, revenons à nos moutons parce que je cause, je cause et lui, il n’a toujours pas son titre ; C’est quoi la photo ? Oh, elle est chouette, j’aime bien tiens… Bon ben, c’est facile, la fille est complètement « Lessivée » ! Et hop, encore un titre à mon actif ! Et celui-ci il fera date parce qu’il est aussi top que la photo !

| |  Facebook | | |

15:45

6 jan

La soumise du Père Noël

soumise.jpg

Date : 13 octobre 2012
Concerne : Irving S. T. Garp
Consultation n° 3418

Je suis de plus en plus inquiet quant au développement psychique de ce patient. Lors de cette séance, il m’a fait part d’un rêve qui confirme mon diagnostic de perversion sadique à la limite de la psychopathie. 

Dans ce rêve, le patient est âgé de 13 ans. Il dort lorsque, soudain, un bruit provenant du living attire son attention. Il descend alors les 62 marches de l’escalier de la maison familiale et se retrouve nez à nez avec le Père Noël qui lui propose de le suivre dans le donjon aménagé dans le grenier de la maison familiale. Il découvre alors dans ce grenier toute une série d’outils de tortures, et, au milieu de  cette pièce lugubre, sa grande sœur, servant d’arbre de Noël. Au pied de ce sapin particulier un cadeau : un Canon 5D Mark II 

Le contenu latent de ce rêve nous renvoie irrémédiablement à l’obsession de notre patient, à savoir prendre en photo ses délires pervers de soumission. Cette conduite voyeuriste est d’ailleurs à mettre en rapport avec les raisons de sa consultation et de l’injonction du juge qui l’a soumis à cette démarche thérapeutique. N’oublions pas qu’il a, à ce jour, réalisé une centaine de photos mettant en œuvre ses fantasmes déraisonnés. 

Il persiste chez moi une interrogation :  est-il capable de passer à l’acte et, de ce fait, réaliser ses fantasmes dans le réel ? Le risque étant élevé, je persiste à penser qu’une incarcération dans un centre psychiatrique fermé reste une solution raisonnable.  Par ailleurs, il me semble nécessaire de poursuivre nos entrevues. En effet, les nombreux traumatismes à l’origine de ce comportement pervers n’ont toujours pas été verbalisés et  sont, dès lors, méconnus.

D.Ogez.
Psychothérapeute.

| |  Facebook | | |