30/12/2013

Room Service

photographe,photographie,irving s. t. garp,room,chambre,hôtel,femme,nu,nue,nudité

Chère Madame Garp,
Par la présente, je suis au regret de vous informer de l’échec de votre mariage. En effet, votre mari est un salopard de première.
Chère madame, je suis la promotion de votre mari, sa réunion tardive du jeudi soir, ses week-ends en congrès et j’en passe… 
Dernièrement, j’ai découvert qu’il était largement promu au point d’atteindre le poste de directeur général de l’entreprise « Je trompe ma femme ».  J’étais moi-même stupéfaite de constater qu’il cumulait les responsabilités avec tant d’ardeur dans le seul but de faire fructifier sa petite entreprise très personnelle. Certes, votre mari est un homme audacieux.
Vous comprenez qu’apprendre que cet homme vous est infidèle avec d’autres que moi, je ne peux le supporter.  J’ai beaucoup de peine à vous l’annoncer ma chère, mais j’aime votre mari. Son charme a eu raison de mon intégrité mentale, il m’a rendue folle à lier. Je ne compte plus les heures passées à côté de mon téléphone à attendre son appel salvateur. Ma vie se résume aux quelques heures qu’il me consacre par semaine et cela doit cesser. Ma mère m’avait pourtant mise en garde contre la nature des hommes. Aucune femme n’est à l’abri de l’égoïsme masculin sur cette terre.
Ce matin, j’ai couché avec lui pour la dernière fois. Comme à son habitude, il est arrivé souriant, heureux à l’idée de prendre son petit-déjeuner entre mes cuisses. Il dégueulait des mots d’amours sans s’arrêter, m’assurant votre séparation imminente.  Comme à mon habitude, j’ai joué la maîtresse passionnée avant de m’embraser sous son corps d’Apollon. A peine l’extase terminée, il a filé à toute allure prétextant une réunion très importante.
Rassurez-vous, je ne verrai plus votre mari. L’humiliation a atteint son paroxysme. Je quitte son équipe de room service. Je démissionne.
Permettez-moi de vous conseiller d’en faire de même…
Je vous prie d’agréer, Madame, l’expression de mes sentiments distingués.


A


| |  Facebook | | |

25/11/2013

X-Woman

photographe,photographie,irving s. t. garp,femme,nu,nue,nudité,X,rayon, radio,

X se voile et se dévoile.
Inconnue, ou plus tout à fait.
Comme la charpente, sous le rai-x.
Qui es-tu donc, chair X ?
La femme... chromosom-X ?
L'inconnue... anonym-X ?
Le rayon dévoilant...skelet-X ?
Le corps nu... erot-X ?

Fred.L.


| |  Facebook | | |

14/10/2013

Morning Blues

photographe,photographie,irving s. t. garp,femme,homme,nu,nue,nudité,matelas,alcool,drogue,matin,bleu

Encore une journée comme les autres.
Encore une nuit comme les autres.
C’est drôle, étant ado, je me plaisais à répéter : « Les jours qui se ressemblent, c’est pas pour les gens comme nous. » J’étais à l’époque convaincue d’avoir une vie trépidante, pleine de rebondissements, de détenir le savoir, je me permettais de regarder les gens qui partaient bosser le matin avec mépris, alors que, moi, ma journée se finissait et que je pouvais aller paisiblement me reposer. Je vivais à l’envers et j’en étais fière. Et quand on dit « vivre à l’envers » ça ne comporte pas simplement  le fait de vivre la nuit. Ça comporte surtout le fait de grandir très vite, pour régresser pendant le reste des années à suivre. Ça, je ne l’ai compris que bien plus tard… trop tard, quand ma volonté s’était déjà fait la malle depuis longtemps.
(…)
5 heures 17
Aïe, ma tête ! Est-ce que j’ai dormi ? Je me souviens vaguement d’avoir somnolé, je ne suis pas reposée. Je regarde autour de moi en tentant de rassembler les morceaux de ma tête. Même décor, rien n’a changé. Tant mieux. Je traîne avec difficulté ma douloureuse carcasse vers ce sol qui me sert de cendrier. Je porte le joint à ma bouche, voilà qui devrait m’aider à y voir plus clair. Si je n’étais pas aussi lasse, je rirais à voix haute de ce bel euphémisme. Un regard à gauche calme en un rien de temps les battements de mon cœur en train de s’affoler à l’idée que je puisse être seule. Pas de panique, mon fidèle compagnon ne m’a pas encore lâché, il trône fièrement en vestige de cette soirée mémorable. Il est la seule chose qui soit droite, propre, alignée, rangée ici. Je souris à cette idée. Ma vie est un foutoir, mon squat est le reflet de ma vie. En bordel et sale. Rien à foutre. Un coup dans mon dos me sort de mes pensées, je peine à tourner la tête et j’aperçois un cadavre. Mais qui c’est celui-là ? Putain, j’espère que c’est le dealer. Je tente vainement de le retourner, sans succès. C’est qu’il pèse lourd, ce con. Je tente d’examiner ce corps, voir s’il m’est familier. Le cul ne me dit rien. Les cheveux non plus. Eh merde, black out.
(…)
Ma langue, souillée dans la débauche, patauge dans une écume pâteuse. Est-ce ça, la liberté ? La tête de mes 15ans me revient subitement. Ma petite bouille aux joues rondes signe de l’enfant qui bataille pour survivre malgré que l’adolescence m’appelle, avec ces dreadlocks dansant sur sa tête, soulignant l’espoir de cette vie future. Je parviens à me distinguer dans le miroir, cheveux ternes, plats. Joues creusées. Difficile de retrouver cette gamine pleine d’espoir quant à sa petite vie d’anarchiste et de débauche qu’elle se rêvait de dessiner. Elle était là il y a pourtant seulement 4 ans. 4 ans qui paraissent plus long que toute une vie.  Flash. J’sais pas si c’est moi qui marche de travers ou si c’est les gens qui me bousculent. J’ai perdu. Et au final, c’est peut-être pas plus mal.

Jessica Foschi


| |  Facebook | | |

08/10/2013

La dernière Pièce du Puzzle

photographe,photographie,irving s. t. garp,polaroid,femme,nu,nue,nudité,photo,corps

Ne commenter qu’une seule photo… Mon dieu ! Que dire ou que redire quand tu as déjà commenté et perdu ta réponse ? Comme le puzzle, mon cerveau a-t-il donc une pièce en moins ?
« La dernière Pièce du Puzzle », voilà un titre de serial killer et je ne serais pas surpris de découvrir Irving S. T. Garp faisant la une de 20minutes ! Rien qu’à lire le titre, je m'attends à trouver des bouts de modèles éparpillés sur tous les murs et cela ne loupe pas ! Effrayant ! Un vrai polar, un vrai Polaroid, devrais-je dire, type Amélie Nothomb. Rassemblons les bouts éparpillés de cette ex-jolie fille. La pauvre, mais il lui manque la tête, elle a perdu la tête ! Cela n’est guère étonnant avec Irving S. T. Garp, car il a toujours une imagination débordante pour raconter une histoire complète et différente à chaque cliché, un humour décalé. Un anglais pourrait dire "mind fuck", ce qui n'est pas pour me déplaire, au contraire.

Marc Lamey
Photographe

| |  Facebook | | |

17/09/2013

Coupez !

photographe,photographie,irving s. t. garp,femme,nue,nudité,portrait,cheveu,ciseaux,mèche

Caché derrière… Il y a quelque chose caché derrière. (Alain Souchon)

Irving S. T. Garp nous propose à nouveau à travers ce "portrait" des plus décalés de bousculer notre vision des choses et de susciter notre réflexion en nous montrant ce qu'en général on ne voit pas.
D'emblée, l'esthétique du modèle ne fait pas de doute. Pourtant est-on sûr de savoir ce qui se cache derrière cette frange qui va bientôt être coupée ? C'est à ce moment précis où on se pose la question que l'on glisse dans le surréalisme. On pourrait d'ailleurs donner comme titre à cette prise de vue "Ceci n'est pas un portrait" tant la comparaison avec Magritte est loin d'être fortuite. Ce dernier a souvent caché les visages de ses personnages par un oiseau, une pomme ou encore un voile pour permettre à nos esprits d'imaginer ce que bon nous semble. Ici, c'est un rideau capillaire qui sert à la mise en scène pour dissimuler au spectateur la véritable identité du modèle. Cette façon qu'elle a de se cacher tout en se dévoilant illustre un double "je" que le photographe a vraisemblablement voulu souligner dans cette composition. Sa nudité souligne un côté extraverti, mais le fait de se dérober à nos yeux montre plutôt un côté intraverti. L'action dans cette image qui pourtant s'appelle "Coupez !" (encore un paradoxe) est présente grâce justement aux ciseaux qui s'apprêtent à dégager son visage. Il agit comme la clé de la cage où la demoiselle était enfermée. La vérité va enfin pouvoir éclater au grand jour. Mais quelle vérité ?
Quoi qu'il en soit, on ne peut qu'espérer que cette personne qui s'apprête à faire son grand retour à la lumière puisse, enfin, voir les cavaliers en regardant les étoiles, caché derrière…, caché derrière…

Takeo Shirakawa

PS : pour les lecteurs curieux, je vous invite à aller voir ce qu'il en est de ma vision de la solution de cette énigme sur la couverture illustrée par Magritte du livre d'André Breton "Qu'est-ce que le surréalisme ?"


| |  Facebook | | |

23/07/2013

Fringale nocturne

Fringale nocturne - I.jpg

Le vent joue dans les branches d’une nuit glaciale.
Un clair de lune blafard tranche la pénombre d’une pièce aux arômes subtils.
Je n’y vois goutte, mais un craquement soudain me fait frémir... je commence à vibrer.
Un pas feutré glisse lentement vers moi.
Je n’y vois goutte, mais je sens distinctement l’irruption d’un corps à mes côtés.
Une respiration profonde, presqu’un halètement, se fait entendre et diffuse sa chaleur suave sur mon enveloppe glacée.
La douceur de sa peau me parvient, le temps suspendu, l’instant d’un soupir. Je sens la caresse de ce corps lascif, prêt à m’abandonner. Vais-je à nouveau retrouver l’immense tristesse de mes nuits d’insomnie ?
Soudain, une main ferme me saisit et me fend.
Sa nudité inondée de lumière, la beauté de ses courbes me subjugue, le grain de sa peau d’une finesse remarquable...
Une large brèche est ouverte par laquelle elle plonge dans mes entrailles. Son corps voluptueux poussé par un esprit anéanti se saisit de breuvages onctueux et de mets délicats. Elle résiste d’abord, hésite, puis laisse libre cours à sa fringale nocturne.
Honteuse, elle se rétracte et se laisse choir à mes pieds.
Combien de temps encore, cette étreinte sensuelle rompra-t-elle mon isolement nocturne ?
Le temps viendra où sa volonté rebelle, nos corps incompatibles, ma solitude retrouvée...


© Ph.Cl. février 2013.


| |  Facebook | | |

16/07/2013

Ceci n'est pas une Pipe

Ceci n'est pas une pipe.jpg

Lecture matinale

 

Il a pris le livre

Sur la table

Il a feuilleté 

Page après page

Il s'est amusé de sa lecture, puis

Avec langueur, il a soupiré.

Il a marché jusqu'à moi

Et il s'est arrêté, tout près

Il a allumé sa pipe

Il a fait rougeoyer le tabac

Il a mis les cendres dans le cendrier

Sans me parler

Sans me regarder

Il s'est assis

Il a posé son chapeau sur l'horizon

Il a ouvert son veston

Parce qu'il s'impatientait un peu

Et il est resté fasciné

Sous le charme de sa lecture

Sans un mot

Sans un geste

Et moi, j'ai pris sa pipe dans le cendrier

Et j'ai fumé.

 

Chrystel 

http://lejournaldechrys.blogspot.be/

http://chrystel-mphotographies.blogspot.fr/

 

| |  Facebook | | |

09/07/2013

Les Stigmates de la Beauté

Les Stigmates de la Beauté.jpg

"Avez-vous remarqué comme la photographie – cet art qui prétend nous montrer les choses comme elles sont – a le regard bien sélectif ? Les familles sont heureuses et unies, les voitures neuves, la météo clémente et la nourriture abondante sur des tables peuplées de gens très sympathiques et bien sobres… Montre-t-elle autre chose, c’est alors du journalisme ou du documentaire… et plus l’image est alors terrible, plus elle fera recette.

Pour ma part, je crois plus à la force du réel qu’à l’intérêt de passer tous les clichés à la moulinette de Photoshop ! Un corps –plus encore s’il est nu – peut être plus ou moins beau, plus ou moins agréable à regarder, mais dans tous les cas, il porte les traces de son histoire (une cicatrice par ci, une vergeture par-là), mais aussi d’événements bien plus récents (une marque de bronzage, celle d’un sous-vêtement, une rougeur due à une allergie ou une petite infection) ainsi que les signes de son espèce (comme cette pilosité qui, homme ou femme, recouvre plus ou moins discrètement l’ensemble de notre corps).

Avez-vous remarqué comme la publicité (et toute la photographie qui s’y assimile comme celle qui représente nos vedettes) a horreur de ces signes de vie ? La peau est lissée au point de ne plus être une peau, mais une surface synthétique. Tout poil disparaît, toute ride, toute trace d’âge ou de fatigue.

Et pourtant, n’est-ce pas dans ces stigmates que résident précisément la beauté ainsi que notre humanité ?"

 

Charles Lemaire 

Photographe 

http://biloko.blogspot.be/

 

| |  Facebook | | |