21/10/2013

Madame Pipi

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Longtemps chasse gardée des illustrateurs et dessinateurs, le "cartoon" humoristique se fait aujourd'hui courtiser par les photographes. Mais en photo, tout devient plus compliqué, car s'il est facile de conserver une image épurée avec un crayon, élaborer une photo épurée demande une véritable préparation en amont et un sens de la composition pour ne conserver que l'essentiel du message.
Dans la photo de Madame Pipi, la composition est très bien conduite. Quelques éléments en arrière-plan pour situer le lieu, mais pas trop pour ne pas surcharger l'image. Le résultat est plausible. On ne doute pas de se trouver dans des toilettes publiques. Enfin, et c'est le plus difficile, le cartooniste photographe se doit alors de présenter une caricature immédiatement lisible. Irving S. T. Garp y parvient à merveille avec cette photo.
Le soin des cils est une forte symbolique qui nous fait entrer dans le monde des femmes guindées, sophistiquées et raffinées. Dans notre société, la dame pipi est à l'opposé de cet éloge à la beauté féminine, d'où un décalage percutant entre une attitude et un lieu. Mais toute la drôlerie de cette photo vient de l'accessoire employé, une brosse à WC qui nous fait dans un premier temps hésiter entre répugnance et une belle envie de rire. Ouf, la dame a pris un ustensile dans le stock des brosses neuves ! Mais au-delà du sourire, on en arrive à se demander ce qu'elle a dans la tête cette brave dame. La brosse à toilette est-elle devenue un outil si important dans sa vie qu'elle en vienne à penser qu'il est irremplaçable ? Du coup, plusieurs degrés de lectures viennent se superposer dans l'image. Immédiatement et au premier degré, la coquetterie de la dame pipi nous saute aux yeux, puis au deuxième degré la symbolique de l'instrument envahit l'image : on essaye de comprendre la démarche de la dame ou bien y a-t-il un message secret ou subliminal ? Enfin, l'image nous embarque dans des degrés encore plus subtils. Est-elle à ce point sous l'influence incontrôlée de sa profession, que le moindre de ses gestes est détourné vers une obsession professionnelle ?

La photo d'Irving S. T. Garp est très drôle. On a immédiatement envie d'aller voir les autres.

Daniel Metz
Modérateur sur le site fotocommunity.fr

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24/09/2013

Omar m'a maquiller

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« J’ai vraiment cru que j’allais mourir d’asphyxie avec tous mes pores recouverts et obstrués. De quoi en plus finir morte et pleine de boutons ! Tu n’imagines pas la scène, c’était horrible !
 
Je rentre du boulot, je jette tout sur le canapé, je branche la télé... Je vais dans la salle de bain pour me refaire une beauté, car je prévoyais de sortir prendre un verre avec une copine. Je me mets devant la glace, j’inspecte mon make-up et là, j’entends des bruits bizarres derrière moi… Clac  clac ! Sur le moment, je n’y ai pas prêté grande attention, mais d’un coup le rideau de douche qui se trouvait dans mon dos s’est ouvert brusquement et là, j’ai tellement eu peur que je suis tombée dans les pommes.
 
A mon réveil, il me manquait mon tailleur, je n’étais plus qu’en culotte, haut et talons. Au sol, il y avait plein d’affaires à maquillage et de poudres différentes éparpillées un peu partout, poudre à paupières, poudre de teint, blush… C’était un vrai carnage ! Mais le pire… c’est quand je me suis relevée. Me dirigeant instinctivement vers la glace, j’ai été prise de torpeur ! J’étais maquillée outrageusement, mon visage avait été défiguré par des couleurs criardes et des couches successives de maquillage qui formait une véritable mille-feuille sur ma peau. Alors, je me suis sentie très mal, et je sentais que je perdais de nouveau pied face à la vision de ce crime esthétique.
 
J’essayais de me rappeler ce qu’il s’était passé et de m’accrocher à ces souvenirs pour en laisser une trace avant de m’évanouir de nouveau. Là, je me suis rappelée des détails. Le rideau s’ouvre, je sursaute, j’aperçois une énorme masse dans la douche. J’ai vu dans ma glace le reflet d’une chose énorme et immonde, une grosse masse bleue-grise qui faisait des bruits effrayants avec les membres volumineux qui lui servaient de bras et de mains. J’agrippe rapidement un rouge à lèvres, et là je grave mon souvenir sur ma porte de salle de bain, avant de tomber encore une fois dans les pommes.
 
Non mais, tu aurais pu croire ça ? Que ça m’arrive à moi ? Jamais je n’aurais pensé être un jour agressée par un homard fétichiste du maquillage. Mais tu t’étonnes qu'il soit frustré, le pauvre, avec des énormes pinces à la place des mains, comment pourrait-il un jour réaliser un make-up digne de ce nom ?! Je le plains en fait. »

Ava Brown

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