06/01/2014

Robert et Marcel

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A droite Robert, à gauche Marcel, indissociables.
Robert précède Marcel et prête son nom, encombrant de légèreté.
Marcel écoute, il est sourd ; il regarde, il est seul.
Il cherche le monde et trouve Robert, enfile Robert et trouve l'angoisse.
L'angoisse est vide et bleue, rassurante comme une douce mélodie triste.
La musique change, tout devient drôle.
Marcel emmène Robert, fait rire les foules et prête son nom, porteur de légèreté.
La distraction est parfaite, vide et bleue, rassurante comme une journée bien remplie.
Il cherche le monde et trouve le rien ; enfile le rien et laisse Robert.
L'espace se ferme,
Chacun se range,
L'un est absent et l'autre mort.

Priscilla Bouvier


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23/12/2013

Mikado

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Mikado
(2 hommes, 2 femmes… combien de possibilités ?)

Ma « minute Mikado » ou comment, Irving S. T. Garp, ce photographe à « l’esprit très ouvert » (ça, c’est lui qui le dit, mais on n’en pense pas moins) et à l’univers «décalé » (ça, c’est lui qui le dit aussi et on est toujours autant d’accord)  a offert à la biostatisticienne que je suis, la possibilité de philosopher avec le Commun des Mortels sur le fait que l’analyse combinatoire et probabiliste, ce n’est en définitive pas bien compliqué et que celle-ci trouve des applications fort concrètes dans notre quotidien…
Avec son « 2 hommes, 2 femmes… Combien de possibilités ? », Irving S. T. Garp nous invite à une séance de calcul intuitive et imaginative des « Duos » et des « Trios » possiblement attribuables à ces quatre paires de jambes… Il laisse donc, aux plus Inventifs, mais peut-être aussi aux  plus Tolérants d’entre nous, une porte ouverte sur « l’Exploration des possibles ». Il est probable que certains « esprits mathématiques de base »,  pourraient proposer une résolution facile du problème, qui tiendrait en une simple objectivation d’un « Quatuor » unique… Mais ces individus ne seraient-ils pas, dès lors, considérés comme « tendant vers la  limite du décadent » ? En réponse, les « Trop bien-pensants », eux, diraient que cette combinaison a une existence nulle et surenchériraient en affirmant que certaines probabilités sont conditionnelles, voire mutuellement exclusives : qui dit paire de jambes masculines, dit obligatoirement paire de jambes féminines… Mais n’oublions pas, et cela que l’on soit biostatisticien ou pas, que c’est la Tolérance et l’Ouverture d’esprit qui doivent guider nos pas pour que chacun d’entre vous, d’entre nous, puisse trouver (appliquer et/ou modifier) la « combinaison » qui lui plaît.

Christelle Senterre.


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14/10/2013

Morning Blues

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Encore une journée comme les autres.
Encore une nuit comme les autres.
C’est drôle, étant ado, je me plaisais à répéter : « Les jours qui se ressemblent, c’est pas pour les gens comme nous. » J’étais à l’époque convaincue d’avoir une vie trépidante, pleine de rebondissements, de détenir le savoir, je me permettais de regarder les gens qui partaient bosser le matin avec mépris, alors que, moi, ma journée se finissait et que je pouvais aller paisiblement me reposer. Je vivais à l’envers et j’en étais fière. Et quand on dit « vivre à l’envers » ça ne comporte pas simplement  le fait de vivre la nuit. Ça comporte surtout le fait de grandir très vite, pour régresser pendant le reste des années à suivre. Ça, je ne l’ai compris que bien plus tard… trop tard, quand ma volonté s’était déjà fait la malle depuis longtemps.
(…)
5 heures 17
Aïe, ma tête ! Est-ce que j’ai dormi ? Je me souviens vaguement d’avoir somnolé, je ne suis pas reposée. Je regarde autour de moi en tentant de rassembler les morceaux de ma tête. Même décor, rien n’a changé. Tant mieux. Je traîne avec difficulté ma douloureuse carcasse vers ce sol qui me sert de cendrier. Je porte le joint à ma bouche, voilà qui devrait m’aider à y voir plus clair. Si je n’étais pas aussi lasse, je rirais à voix haute de ce bel euphémisme. Un regard à gauche calme en un rien de temps les battements de mon cœur en train de s’affoler à l’idée que je puisse être seule. Pas de panique, mon fidèle compagnon ne m’a pas encore lâché, il trône fièrement en vestige de cette soirée mémorable. Il est la seule chose qui soit droite, propre, alignée, rangée ici. Je souris à cette idée. Ma vie est un foutoir, mon squat est le reflet de ma vie. En bordel et sale. Rien à foutre. Un coup dans mon dos me sort de mes pensées, je peine à tourner la tête et j’aperçois un cadavre. Mais qui c’est celui-là ? Putain, j’espère que c’est le dealer. Je tente vainement de le retourner, sans succès. C’est qu’il pèse lourd, ce con. Je tente d’examiner ce corps, voir s’il m’est familier. Le cul ne me dit rien. Les cheveux non plus. Eh merde, black out.
(…)
Ma langue, souillée dans la débauche, patauge dans une écume pâteuse. Est-ce ça, la liberté ? La tête de mes 15ans me revient subitement. Ma petite bouille aux joues rondes signe de l’enfant qui bataille pour survivre malgré que l’adolescence m’appelle, avec ces dreadlocks dansant sur sa tête, soulignant l’espoir de cette vie future. Je parviens à me distinguer dans le miroir, cheveux ternes, plats. Joues creusées. Difficile de retrouver cette gamine pleine d’espoir quant à sa petite vie d’anarchiste et de débauche qu’elle se rêvait de dessiner. Elle était là il y a pourtant seulement 4 ans. 4 ans qui paraissent plus long que toute une vie.  Flash. J’sais pas si c’est moi qui marche de travers ou si c’est les gens qui me bousculent. J’ai perdu. Et au final, c’est peut-être pas plus mal.

Jessica Foschi


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02/09/2013

Face à mon Destin

Face à mon Destin - I.jpg

Cette image, très forte, oscille entre l’onirisme cauchemardesque et le réalisme social. Une sorte de voie sans issue ou même le demi-tour semble improbable tant le personnage semble figé devant ce mur de briques. Cette sensation de demi-tour impossible est renforcée par la carrure de l’homme prenant toute la largeur du couloir. Ses épaules affaissées indiquent un renoncement. Le cadrage en plan américain suggère également cette idée comme si le modèle était « planté » ad eternam devant ce mur.
Sans doute l’analogie avec le thème du film « the wall » peut-il traverser l’esprit du spectateur, mais ici, contrairement au film, personne ne semble attendre au-dehors du mur.
L’idée d’isolement, à la limite de la folie, envahit l’espace et se projette à nous autres, spectateurs à l’extérieur. Nous sommes aussi impuissants à l’aider que lui à bouger.
Techniquement renforcée par un rendu très dur (évident sur les briques et les vêtements), un cadrage centré et un plan serré, c’est l’image parfaite de l’impasse onirique et sociale que le titre, « Face à mon destin » souligne à merveille. Et, avec toujours en filigrane : l’ironie, un destin vide pour une photo pleine (de briques).

Michel Chauvin

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16/07/2013

Ceci n'est pas une Pipe

Ceci n'est pas une pipe.jpg

Lecture matinale

 

Il a pris le livre

Sur la table

Il a feuilleté 

Page après page

Il s'est amusé de sa lecture, puis

Avec langueur, il a soupiré.

Il a marché jusqu'à moi

Et il s'est arrêté, tout près

Il a allumé sa pipe

Il a fait rougeoyer le tabac

Il a mis les cendres dans le cendrier

Sans me parler

Sans me regarder

Il s'est assis

Il a posé son chapeau sur l'horizon

Il a ouvert son veston

Parce qu'il s'impatientait un peu

Et il est resté fasciné

Sous le charme de sa lecture

Sans un mot

Sans un geste

Et moi, j'ai pris sa pipe dans le cendrier

Et j'ai fumé.

 

Chrystel 

http://lejournaldechrys.blogspot.be/

http://chrystel-mphotographies.blogspot.fr/

 

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