05/11/2013

Barbie-turique (3)

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Irving S.T. Garp ne cache pas avoir fait référence à John Irving et son « Monde selon Garp » pour trouver son nom « public ».
Ce cliché m’a tout de suite rappelé le titre d’une autre œuvre de ce prolifique romancier d’outre Atlantique qui est « L’œuvre de Dieu, la part du Diable ».
Le parallèle s’arrête là, car le livre est plutôt drôle et léger.
Une charmante petite fille blonde, du moins, on l’imagine, si elle enfile une robe rose à pois blancs et petits volants. Barbie, Belle au Bois Dormant, dans les bras, elle est assise à la balançoire toute neuve, que son papa a fixé près du saule à gauche de la terrasse.
Mais l’œuvre de Dieu s’arrête à sa physionomie. Le Diable a pris le contrôle de l’esprit. Ca remugle dans sa tête, ça nauséabonde, ça miasme.
Devant l’inquiétude des parents qui courent les spécialistes des enfants, du cerveau et parfois des deux à la fois, les réponses se télescopent. Entre la culpabilisation, la fécondation, les anciennes générations, l’alimentation… c’est « l’épopée des buveurs d’eau », on surfe sur les vagues des différents courants, écoles, modes. Résultat : la mère est démontée, le père est remonté. Néanmoins, l’étendard du « Il faut que jeunesse se passe » est levé, on leur conseille de la laisser faire. C’est « l’enfant de la balle » qu’on se relance d’une « quatrième main ».
Ils ne savent pas le drame qui est en train de se jouer dans la chambre, au-dessus de leur tête. Pourtant, ce n’est pas faute d’essayer de les prévenir. Après un Requiem de Fauré, les 7 dernières paroles du Christ en Croix de César Franck, la radio lance Purcell qui enterre la Reine Mary.
Tout est prêt, ça fait des semaines qu’on y pense. La vie ne vaut pas la peine d’être vécue. Ken ne s’intéresse qu’au sport, Cindy ne s’intéresse qu’à la hauteur des talons de ses chaussures. Les garçons font les paons et les filles gloussent. C’est quoi cette basse-cour ? La ferme ! « Liberté pour les ours » ! Je veux qu’on me foute la paix. Je ne veux pas aller skier, je ne veux pas porter ce magnifique petit dessus cintré turquoise qui irait si bien avec mes yeux. Je ne veux pas aller danser sur la plage, je ne veux pas faire un tour en voiture décapotable… On voudrait me faire jouer « à moi tout seul, bien des personnages ». Et pour quoi, pour finir dans un « Mariage Poids moyen », « Veuve de Papier » ou prostituée dans un « Hôtel New Hampshire » ? Personne ne pense donc à la planète, à notre terre qui s’étiole, s’effrite, se désagrège sous notre stupidité. Non, je ne veux plus voir ça. Heureusement, elle l’a compris. C’était ma « dernière nuit à Twisted River ».
Ce soir, on joue à l’euthanasie.
Après, qui sait, elle jouera peut-être au suicide ?
De toute façon, « je te retrouverai » mais de quel côté ? Dieu ou Diable ?

Marie taquin


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11/06/2013

A Bras le Corps

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Irving S. T. Garp... Un pseudonyme à consonance romanesque pour un talentueux photographe aux inspirations délirantes.
Découvert sur un site de critiques il y a déjà quelques années, j’ai tout de suite remarqué chez cet artiste une singularité fort appréciable dans l’univers trop souvent tristement «copiant-collant» de la photographie «moderne».
Jeux de mots, jeux d'images... Irving S. T. Garp se distingue en s'amusant de clichés sociétaux qui nous entourent, de thèmes plus ou moins dérangeants ou de détails percutants de la vie de tous les jours.
N'hésitant pas à toucher aux sujets les plus délicats comme l'amour, la mort, la maladie ou encore le sexe, il titille, dérange, gratouille, chatouille et pousse son lecteur... à s’interroger. Pari déjà gagné donc pour tout photographe qui se respecte !
Soyez avertis qu’il en profitera au passage pour tacler certains « travers » de ses semblables sans ménagement aucun, d’une intelligente insolence qui ne manquera pas de faire grincer quelques dents...
Faisant fi de tous tabous, jouant d'un regard innocent - presque enfantin pourrait-on dire si les thèmes abordés n'étaient pas parfois si sombres -, il invite à la réflexion à l'aide d'images tantôt futiles, tantôt plus dérangeantes, mais toujours avec talent et réflexion.
«Provocation», diront certains ? Non, un mot qui rime trop souvent avec facilité, et qu’il serait injuste d’employer alors que les oeuvres d’Irving S. T. Garp dissimulent sans conteste un réel travail de recherche, une véritable sensibilité d’artiste, un regard unique sur notre monde contemporain, mais aussi une forme évidente d’humanisme.
Dans tous les cas, difficile de résister à l’humour sombre de cet auteur ou, du moins, d’y rester indifférent.
Prêts ? Regardez... Grincez !

Cédric D, Forb4n photographie.
http://www.forb4n.org


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