30/12/2013

Room Service

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Chère Madame Garp,
Par la présente, je suis au regret de vous informer de l’échec de votre mariage. En effet, votre mari est un salopard de première.
Chère madame, je suis la promotion de votre mari, sa réunion tardive du jeudi soir, ses week-ends en congrès et j’en passe… 
Dernièrement, j’ai découvert qu’il était largement promu au point d’atteindre le poste de directeur général de l’entreprise « Je trompe ma femme ».  J’étais moi-même stupéfaite de constater qu’il cumulait les responsabilités avec tant d’ardeur dans le seul but de faire fructifier sa petite entreprise très personnelle. Certes, votre mari est un homme audacieux.
Vous comprenez qu’apprendre que cet homme vous est infidèle avec d’autres que moi, je ne peux le supporter.  J’ai beaucoup de peine à vous l’annoncer ma chère, mais j’aime votre mari. Son charme a eu raison de mon intégrité mentale, il m’a rendue folle à lier. Je ne compte plus les heures passées à côté de mon téléphone à attendre son appel salvateur. Ma vie se résume aux quelques heures qu’il me consacre par semaine et cela doit cesser. Ma mère m’avait pourtant mise en garde contre la nature des hommes. Aucune femme n’est à l’abri de l’égoïsme masculin sur cette terre.
Ce matin, j’ai couché avec lui pour la dernière fois. Comme à son habitude, il est arrivé souriant, heureux à l’idée de prendre son petit-déjeuner entre mes cuisses. Il dégueulait des mots d’amours sans s’arrêter, m’assurant votre séparation imminente.  Comme à mon habitude, j’ai joué la maîtresse passionnée avant de m’embraser sous son corps d’Apollon. A peine l’extase terminée, il a filé à toute allure prétextant une réunion très importante.
Rassurez-vous, je ne verrai plus votre mari. L’humiliation a atteint son paroxysme. Je quitte son équipe de room service. Je démissionne.
Permettez-moi de vous conseiller d’en faire de même…
Je vous prie d’agréer, Madame, l’expression de mes sentiments distingués.


A


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23/12/2013

Mikado

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Mikado
(2 hommes, 2 femmes… combien de possibilités ?)

Ma « minute Mikado » ou comment, Irving S. T. Garp, ce photographe à « l’esprit très ouvert » (ça, c’est lui qui le dit, mais on n’en pense pas moins) et à l’univers «décalé » (ça, c’est lui qui le dit aussi et on est toujours autant d’accord)  a offert à la biostatisticienne que je suis, la possibilité de philosopher avec le Commun des Mortels sur le fait que l’analyse combinatoire et probabiliste, ce n’est en définitive pas bien compliqué et que celle-ci trouve des applications fort concrètes dans notre quotidien…
Avec son « 2 hommes, 2 femmes… Combien de possibilités ? », Irving S. T. Garp nous invite à une séance de calcul intuitive et imaginative des « Duos » et des « Trios » possiblement attribuables à ces quatre paires de jambes… Il laisse donc, aux plus Inventifs, mais peut-être aussi aux  plus Tolérants d’entre nous, une porte ouverte sur « l’Exploration des possibles ». Il est probable que certains « esprits mathématiques de base »,  pourraient proposer une résolution facile du problème, qui tiendrait en une simple objectivation d’un « Quatuor » unique… Mais ces individus ne seraient-ils pas, dès lors, considérés comme « tendant vers la  limite du décadent » ? En réponse, les « Trop bien-pensants », eux, diraient que cette combinaison a une existence nulle et surenchériraient en affirmant que certaines probabilités sont conditionnelles, voire mutuellement exclusives : qui dit paire de jambes masculines, dit obligatoirement paire de jambes féminines… Mais n’oublions pas, et cela que l’on soit biostatisticien ou pas, que c’est la Tolérance et l’Ouverture d’esprit qui doivent guider nos pas pour que chacun d’entre vous, d’entre nous, puisse trouver (appliquer et/ou modifier) la « combinaison » qui lui plaît.

Christelle Senterre.


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02/12/2013

Courant d'Air

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Bruxelles, un dimanche après-midi d’hiver.
Les deux garçons parcourent les salles du musée tels des tornades miniatures, plus occupés à jouer et à se chamailler qu’à regarder les œuvres, si ce n’est d’un œil distrait.
Soudain, l’un d’entre eux s’arrête et dit à l’autre « Eh regarde cette photo, elle est comique ». L’autre garçon s’interrompt, regarde, et répond « Ben quoi ? ». Et une fraction de seconde plus tard : « Eh oui !».
Et les voilà qui s’éloignent, éclatant de rire et échangeant l’un, un « trop cool », l’autre, un « trop drôle », déjà occupés à reprendre leur jeu tels deux « Quick et Flupke ».
Observant la scène, alors que j’étais moi-même fasciné par cette photo, mon regard ne cessant d’y revenir encore et encore, comme si elle contenait un aimant, je ne pus m’empêcher de penser que ces deux garçons avaient raison.
Ils avaient spontanément exprimé la raison pour laquelle cette photo retenait mon attention depuis de longues minutes. Ce côté banal d’un geste quotidien, combiné à l’aspect décalé, plein d’humour et défiant la logique, titille notre esprit critique, nous fait sourire, retient notre attention et, en fin de compte, nous touche.
Un beau clin d’œil au surréalisme belgo-belge !
Yannick Gilson

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25/11/2013

X-Woman

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X se voile et se dévoile.
Inconnue, ou plus tout à fait.
Comme la charpente, sous le rai-x.
Qui es-tu donc, chair X ?
La femme... chromosom-X ?
L'inconnue... anonym-X ?
Le rayon dévoilant...skelet-X ?
Le corps nu... erot-X ?

Fred.L.


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28/10/2013

Ne pas oublier de

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L’œuvre « Ne pas oublier de » nous plonge directement dans l’univers décalé et déconcertant de l’artiste Irving S. T. Garp. Comme à son habitude, il fait bien plus que nous provoquer un simple sourire et nous emmène dans un monde de réflexion et de remise en cause. 
Une fois le premier rictus passé, la question « Que ne faut-il pas oublier ? » apparaît comme une évidence.



Est-ce le naturel de cette nudité qui contraste avec les images sexy et glamours des femmes nues sur papier glacé, rappelant que le corps n’est pas un simple objet de désir ? Est-ce la disparition de l’être dans une société de communication de masse où chaque individu lutte quotidiennement pour se différencier tout en restant dans les standards sociétaux ? Ou tout simplement, le besoin, en tant qu’Homme, de tenir ses engagements, d’être une personne digne de confiance, n’ayant qu’une seule parole ; la femme nue se trouvant alors sur la photographie uniquement pour le plaisir des spectateurs et celui de notre photographe ayant l’envie de dévêtir ce charmant modèle…

Pour ma part, travaillant en permanence sur la place du corps et de la beauté dans la société (NDLR : www.un-anonyme-nu-dans-le-salon.com), cette œuvre me rappelle à quel point le visage est si important dans l’attirance, dans la construction de l’individu. Sans sourire, sans regard, sans expression, le corps se vide de sa force vitale et séductrice, devenant le porte-post-it présenté ici. Le léger vignettage de la photographie, tout comme l’absence de différents plans nous montrent cette volonté de réduire le champ de vision, plaçant au fond le spectateur dans une situation assez proche de celui du modèle, nous obligeant ainsi à trouver les réponses aux nombreuses questions évoquées dans cette œuvre. Chacun y trouvera forcement des réponses différentes, mais là est toute la force de l’art contemporain : nous amener à trouver les réponses aux questions que l’artiste nous propose.


Idan Wizen


Idan Wizen est un artiste photographe franco-israélien né en 1984 et travaillant à Paris. Connu principalement pour son projet « Un Anonyme Nu Dans Le Salon » où il tente de mettre à nu l’humanité, il travaille sur la place de la pudeur dans la société ainsi que sur celle de la beauté et de l’attirance. De manière systémique, il propose à chacun, sans le moindre casting de le rejoindre dans son studio photo pour une séance de portraits nus. Plus d’informations : http://www.un-anonyme-nu-dans-le-salon.com


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21/10/2013

Madame Pipi

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Longtemps chasse gardée des illustrateurs et dessinateurs, le "cartoon" humoristique se fait aujourd'hui courtiser par les photographes. Mais en photo, tout devient plus compliqué, car s'il est facile de conserver une image épurée avec un crayon, élaborer une photo épurée demande une véritable préparation en amont et un sens de la composition pour ne conserver que l'essentiel du message.
Dans la photo de Madame Pipi, la composition est très bien conduite. Quelques éléments en arrière-plan pour situer le lieu, mais pas trop pour ne pas surcharger l'image. Le résultat est plausible. On ne doute pas de se trouver dans des toilettes publiques. Enfin, et c'est le plus difficile, le cartooniste photographe se doit alors de présenter une caricature immédiatement lisible. Irving S. T. Garp y parvient à merveille avec cette photo.
Le soin des cils est une forte symbolique qui nous fait entrer dans le monde des femmes guindées, sophistiquées et raffinées. Dans notre société, la dame pipi est à l'opposé de cet éloge à la beauté féminine, d'où un décalage percutant entre une attitude et un lieu. Mais toute la drôlerie de cette photo vient de l'accessoire employé, une brosse à WC qui nous fait dans un premier temps hésiter entre répugnance et une belle envie de rire. Ouf, la dame a pris un ustensile dans le stock des brosses neuves ! Mais au-delà du sourire, on en arrive à se demander ce qu'elle a dans la tête cette brave dame. La brosse à toilette est-elle devenue un outil si important dans sa vie qu'elle en vienne à penser qu'il est irremplaçable ? Du coup, plusieurs degrés de lectures viennent se superposer dans l'image. Immédiatement et au premier degré, la coquetterie de la dame pipi nous saute aux yeux, puis au deuxième degré la symbolique de l'instrument envahit l'image : on essaye de comprendre la démarche de la dame ou bien y a-t-il un message secret ou subliminal ? Enfin, l'image nous embarque dans des degrés encore plus subtils. Est-elle à ce point sous l'influence incontrôlée de sa profession, que le moindre de ses gestes est détourné vers une obsession professionnelle ?

La photo d'Irving S. T. Garp est très drôle. On a immédiatement envie d'aller voir les autres.

Daniel Metz
Modérateur sur le site fotocommunity.fr

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14/10/2013

Morning Blues

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Encore une journée comme les autres.
Encore une nuit comme les autres.
C’est drôle, étant ado, je me plaisais à répéter : « Les jours qui se ressemblent, c’est pas pour les gens comme nous. » J’étais à l’époque convaincue d’avoir une vie trépidante, pleine de rebondissements, de détenir le savoir, je me permettais de regarder les gens qui partaient bosser le matin avec mépris, alors que, moi, ma journée se finissait et que je pouvais aller paisiblement me reposer. Je vivais à l’envers et j’en étais fière. Et quand on dit « vivre à l’envers » ça ne comporte pas simplement  le fait de vivre la nuit. Ça comporte surtout le fait de grandir très vite, pour régresser pendant le reste des années à suivre. Ça, je ne l’ai compris que bien plus tard… trop tard, quand ma volonté s’était déjà fait la malle depuis longtemps.
(…)
5 heures 17
Aïe, ma tête ! Est-ce que j’ai dormi ? Je me souviens vaguement d’avoir somnolé, je ne suis pas reposée. Je regarde autour de moi en tentant de rassembler les morceaux de ma tête. Même décor, rien n’a changé. Tant mieux. Je traîne avec difficulté ma douloureuse carcasse vers ce sol qui me sert de cendrier. Je porte le joint à ma bouche, voilà qui devrait m’aider à y voir plus clair. Si je n’étais pas aussi lasse, je rirais à voix haute de ce bel euphémisme. Un regard à gauche calme en un rien de temps les battements de mon cœur en train de s’affoler à l’idée que je puisse être seule. Pas de panique, mon fidèle compagnon ne m’a pas encore lâché, il trône fièrement en vestige de cette soirée mémorable. Il est la seule chose qui soit droite, propre, alignée, rangée ici. Je souris à cette idée. Ma vie est un foutoir, mon squat est le reflet de ma vie. En bordel et sale. Rien à foutre. Un coup dans mon dos me sort de mes pensées, je peine à tourner la tête et j’aperçois un cadavre. Mais qui c’est celui-là ? Putain, j’espère que c’est le dealer. Je tente vainement de le retourner, sans succès. C’est qu’il pèse lourd, ce con. Je tente d’examiner ce corps, voir s’il m’est familier. Le cul ne me dit rien. Les cheveux non plus. Eh merde, black out.
(…)
Ma langue, souillée dans la débauche, patauge dans une écume pâteuse. Est-ce ça, la liberté ? La tête de mes 15ans me revient subitement. Ma petite bouille aux joues rondes signe de l’enfant qui bataille pour survivre malgré que l’adolescence m’appelle, avec ces dreadlocks dansant sur sa tête, soulignant l’espoir de cette vie future. Je parviens à me distinguer dans le miroir, cheveux ternes, plats. Joues creusées. Difficile de retrouver cette gamine pleine d’espoir quant à sa petite vie d’anarchiste et de débauche qu’elle se rêvait de dessiner. Elle était là il y a pourtant seulement 4 ans. 4 ans qui paraissent plus long que toute une vie.  Flash. J’sais pas si c’est moi qui marche de travers ou si c’est les gens qui me bousculent. J’ai perdu. Et au final, c’est peut-être pas plus mal.

Jessica Foschi


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08/10/2013

La dernière Pièce du Puzzle

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Ne commenter qu’une seule photo… Mon dieu ! Que dire ou que redire quand tu as déjà commenté et perdu ta réponse ? Comme le puzzle, mon cerveau a-t-il donc une pièce en moins ?
« La dernière Pièce du Puzzle », voilà un titre de serial killer et je ne serais pas surpris de découvrir Irving S. T. Garp faisant la une de 20minutes ! Rien qu’à lire le titre, je m'attends à trouver des bouts de modèles éparpillés sur tous les murs et cela ne loupe pas ! Effrayant ! Un vrai polar, un vrai Polaroid, devrais-je dire, type Amélie Nothomb. Rassemblons les bouts éparpillés de cette ex-jolie fille. La pauvre, mais il lui manque la tête, elle a perdu la tête ! Cela n’est guère étonnant avec Irving S. T. Garp, car il a toujours une imagination débordante pour raconter une histoire complète et différente à chaque cliché, un humour décalé. Un anglais pourrait dire "mind fuck", ce qui n'est pas pour me déplaire, au contraire.

Marc Lamey
Photographe

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17/09/2013

Coupez !

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Caché derrière… Il y a quelque chose caché derrière. (Alain Souchon)

Irving S. T. Garp nous propose à nouveau à travers ce "portrait" des plus décalés de bousculer notre vision des choses et de susciter notre réflexion en nous montrant ce qu'en général on ne voit pas.
D'emblée, l'esthétique du modèle ne fait pas de doute. Pourtant est-on sûr de savoir ce qui se cache derrière cette frange qui va bientôt être coupée ? C'est à ce moment précis où on se pose la question que l'on glisse dans le surréalisme. On pourrait d'ailleurs donner comme titre à cette prise de vue "Ceci n'est pas un portrait" tant la comparaison avec Magritte est loin d'être fortuite. Ce dernier a souvent caché les visages de ses personnages par un oiseau, une pomme ou encore un voile pour permettre à nos esprits d'imaginer ce que bon nous semble. Ici, c'est un rideau capillaire qui sert à la mise en scène pour dissimuler au spectateur la véritable identité du modèle. Cette façon qu'elle a de se cacher tout en se dévoilant illustre un double "je" que le photographe a vraisemblablement voulu souligner dans cette composition. Sa nudité souligne un côté extraverti, mais le fait de se dérober à nos yeux montre plutôt un côté intraverti. L'action dans cette image qui pourtant s'appelle "Coupez !" (encore un paradoxe) est présente grâce justement aux ciseaux qui s'apprêtent à dégager son visage. Il agit comme la clé de la cage où la demoiselle était enfermée. La vérité va enfin pouvoir éclater au grand jour. Mais quelle vérité ?
Quoi qu'il en soit, on ne peut qu'espérer que cette personne qui s'apprête à faire son grand retour à la lumière puisse, enfin, voir les cavaliers en regardant les étoiles, caché derrière…, caché derrière…

Takeo Shirakawa

PS : pour les lecteurs curieux, je vous invite à aller voir ce qu'il en est de ma vision de la solution de cette énigme sur la couverture illustrée par Magritte du livre d'André Breton "Qu'est-ce que le surréalisme ?"


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20/08/2013

J'm'en balance

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Si la maigrelette branche de céleri était au plaisir ce que la tarte à la crème est à la langue qui salive, nous serions toutes en train de danser la lambada à l’idée d’entamer le nouveau régime que les magazines nous vendent au sortir des fêtes de fin d’année. Car, à en croire les titres tapageurs des médias, il nous faudrait, à nous, gente féminine, accorder notre emploi du temps sur les différentes diètes proposées. Raffermissons, tonifions, musclons, perdons nos centimètres de tour de taille, tour de cuisses, détoxons, mangeons 5 fruits et légumes par jour, mais privilégions le pamplemousse à la banane, le jus de citron au sirop de cassis histoire d’espérer enfin rentrer dans un pantalon taille 16 ans que nous proposent les mannequins de 15 ans et 45 kilos sur les catwalks du monde entier.
STOP ! Et quoi ? Et si moi j’ai décidé que j’m’en balance ? Que franchement, je trouve que les trois grâces de Rubens ont l’air quand même éminemment plus sympathiques que Kate Moss et que, moi aussi, je préfère danser à poil dans un sous-bois avec mes copines que de tirer la tronche parce que mon dernier vrai repas doit remonter à ma période couches-culottes. Parce que, on ne me fera pas croire que suivre les dictats de notre société qui s’évertue à nous faire penser que la plus jolie partie de notre corps sont nos côtes saillantes et nos fesses plates m’amènera à être épanouie et bien dans mon slip ! J’ai donc décidé que tant qu’on n’aura pas trouvé un moyen de donner à cette branche de céleri un goût « boule de Berlin » ou « profiteroles au chocolat », Kate Moss et ses copines peuvent bien continuer à se dandiner en couverture de magazine le ventre vide ! Je m’en tape, je m’en fous et j’m’en balance !

Sophie Gérard

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13/08/2013

Erreur de Casting

Erreur de Casting - I.jpg

Couramment, une erreur est un acte inadapté à une situation.
Cette photo nous invite à chercher l'intrus.
Cette dame à droite semble correspondre à cette définition. Assise sur sa chaise, elle nous regarde d'un air bienveillant, serrant son sac à main bleu contre elle pour se rassurer. Ses habits noirs veulent la cacher, elle veut s'effacer pour que personne ne la regarde. Plaire ? Quelle drôle d'idée !
A sa gauche, deux femmes attendent. Jeunes et fines, elles adoptent une posture stricte. La tête haute, les mains manucurées, ces deux femmes sont le symbole de l'élégance. Celles-ci sont anonymes, froides, ressemblant à des robots mécaniques.
C'est alors l'erreur (la dame en noir) qui nous touche, amène de la vie, du sentiment à cette mise en scène.

"Le beau est toujours bizarre" disait Baudelaire. Cette photo est bizarre parce qu'elle confronte le banal au superficiel, parce qu'elle nous amène à aimer l'erreur, l'imperfection.

Charlotte Pilat
Photographe



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30/07/2013

Myxomatose

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"Old Bunny"

Moi qui fus une Bunny pétillante et sexy, me voilà aujourd'hui toute décatie, perclue de rhumatismes, effets douloureux de la myxomatose des Bunnies. Risques du métier !

Je n'ai aujourd’hui comme seul compagnon que mon cher déambulateur.

Oui, il fut un temps où je passais avec agilité, souriante, la poitrine en avant, mon plateau de boissons à bout de bras, ma petite queue en fourrure frétillant de plaisir, entre les clients qui n'avaient d'yeux que pour mes charmes.

Bunny, je fus, Bunny, je reste ! Jamais je ne quitte ma tenue : serre-tête, poignets, body. Seules s'ajoutent des chaussettes… à mon âge, un rhume est si vite arrivé !

Brigitte

 

 

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23/07/2013

Fringale nocturne

Fringale nocturne - I.jpg

Le vent joue dans les branches d’une nuit glaciale.
Un clair de lune blafard tranche la pénombre d’une pièce aux arômes subtils.
Je n’y vois goutte, mais un craquement soudain me fait frémir... je commence à vibrer.
Un pas feutré glisse lentement vers moi.
Je n’y vois goutte, mais je sens distinctement l’irruption d’un corps à mes côtés.
Une respiration profonde, presqu’un halètement, se fait entendre et diffuse sa chaleur suave sur mon enveloppe glacée.
La douceur de sa peau me parvient, le temps suspendu, l’instant d’un soupir. Je sens la caresse de ce corps lascif, prêt à m’abandonner. Vais-je à nouveau retrouver l’immense tristesse de mes nuits d’insomnie ?
Soudain, une main ferme me saisit et me fend.
Sa nudité inondée de lumière, la beauté de ses courbes me subjugue, le grain de sa peau d’une finesse remarquable...
Une large brèche est ouverte par laquelle elle plonge dans mes entrailles. Son corps voluptueux poussé par un esprit anéanti se saisit de breuvages onctueux et de mets délicats. Elle résiste d’abord, hésite, puis laisse libre cours à sa fringale nocturne.
Honteuse, elle se rétracte et se laisse choir à mes pieds.
Combien de temps encore, cette étreinte sensuelle rompra-t-elle mon isolement nocturne ?
Le temps viendra où sa volonté rebelle, nos corps incompatibles, ma solitude retrouvée...


© Ph.Cl. février 2013.


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16/07/2013

Ceci n'est pas une Pipe

Ceci n'est pas une pipe.jpg

Lecture matinale

 

Il a pris le livre

Sur la table

Il a feuilleté 

Page après page

Il s'est amusé de sa lecture, puis

Avec langueur, il a soupiré.

Il a marché jusqu'à moi

Et il s'est arrêté, tout près

Il a allumé sa pipe

Il a fait rougeoyer le tabac

Il a mis les cendres dans le cendrier

Sans me parler

Sans me regarder

Il s'est assis

Il a posé son chapeau sur l'horizon

Il a ouvert son veston

Parce qu'il s'impatientait un peu

Et il est resté fasciné

Sous le charme de sa lecture

Sans un mot

Sans un geste

Et moi, j'ai pris sa pipe dans le cendrier

Et j'ai fumé.

 

Chrystel 

http://lejournaldechrys.blogspot.be/

http://chrystel-mphotographies.blogspot.fr/

 

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09/07/2013

Les Stigmates de la Beauté

Les Stigmates de la Beauté.jpg

"Avez-vous remarqué comme la photographie – cet art qui prétend nous montrer les choses comme elles sont – a le regard bien sélectif ? Les familles sont heureuses et unies, les voitures neuves, la météo clémente et la nourriture abondante sur des tables peuplées de gens très sympathiques et bien sobres… Montre-t-elle autre chose, c’est alors du journalisme ou du documentaire… et plus l’image est alors terrible, plus elle fera recette.

Pour ma part, je crois plus à la force du réel qu’à l’intérêt de passer tous les clichés à la moulinette de Photoshop ! Un corps –plus encore s’il est nu – peut être plus ou moins beau, plus ou moins agréable à regarder, mais dans tous les cas, il porte les traces de son histoire (une cicatrice par ci, une vergeture par-là), mais aussi d’événements bien plus récents (une marque de bronzage, celle d’un sous-vêtement, une rougeur due à une allergie ou une petite infection) ainsi que les signes de son espèce (comme cette pilosité qui, homme ou femme, recouvre plus ou moins discrètement l’ensemble de notre corps).

Avez-vous remarqué comme la publicité (et toute la photographie qui s’y assimile comme celle qui représente nos vedettes) a horreur de ces signes de vie ? La peau est lissée au point de ne plus être une peau, mais une surface synthétique. Tout poil disparaît, toute ride, toute trace d’âge ou de fatigue.

Et pourtant, n’est-ce pas dans ces stigmates que résident précisément la beauté ainsi que notre humanité ?"

 

Charles Lemaire 

Photographe 

http://biloko.blogspot.be/

 

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02/07/2013

Chambre à Part

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Dans le lit, tout est affaire de taille : 1m20, 1m40, 1m60, voire plus de 2 mètres sur 1m80, 2 mètres et plus encore… C’est donc un peu plus d’1.05 m² qui distingue le lit d’amour du libertin du lit au format le plus répandu sous nos latitudes. 1 mètre² qui peut faire toute la différence puisque de lieu de proximité, de promiscuité des corps menant inévitablement à une rencontre sensuelle, il peut se muer en une frontière, un mur, un no mans’ land séparant ces mêmes corps qui d’objets de désir et d’union sont devenus étrangers l’un pour l’autre, dépositaires de la colère, de la rancœur, de la lassitude mais toujours objets des passions humaines. Bien que conjugal, le lit n’en est pas moins composé de deux parties, le côté gauche et le côté droit, et à chacun son côté !  Ainsi, selon le moment et l’humeur, un est deux et deux font un. Il voit la  rencontre de passage comme celle de toute une vie. Il est le témoin privilégié de la condition humaine : on y naît, on y dort, on y fait l’amour, on y souffre, on s’y déchire, on s’y retrouve, on s’y réconcilie, on y parle, on y meurt. S’il est objet de repos, il est également sujet d’évasion. Un lit, c’est quelques mètres carrés qui constituent un monde en soi, témoin privilégié de la destinée humaine qui parfois s’efface sous la forme d’un canapé.

Philippe Rouard




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