10/05/2013

Barbie-turique (2)

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La première fois que j’ai croisé du regard un cliché d’Irving S. T. Garp, j’ai été captivé.
Par sa puissance évocatrice, tout d’abord. Par son intensité narrative, ensuite.
Une photographie comme « Barbie-turique » rayonne comme un uppercut dans le foie après une semaine de banquets de fin d’année. Elle vous cisaille comme un grincement de dent pendant une insomnie. Irving S. T. Garp raconte notre monde, ses excès, ses errements, avec une acuité et un humour pince-sans-rire dénué de la moindre prétention. Ce photographe-raconteur possède une qualité essentielle : un œil vif qui interroge l’humanité du spectateur. Pour le meilleur et pour le pire.

MORGAN DI SALVIA

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23/04/2013

Barbie-turique

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Nous sommes une famille qui adore l'humour. Notre fille a hérité de ce style de pensée dès son plus jeune âge. Elle aime se métamorphoser et prendre la peau d'un personnage. La rencontre avec  Irving S. T. Garp s'est donc passée le plus naturellement possible. Il a cet humour décalé et libéré que nous apprécions. Il propose un autre regard sur les gens, un nouvel angle de vue sur la vie. L'univers rose de Barbie de notre fille apporte un décalage encore plus dramatique sur le désespoir de la mise en scène. Le choc entre les deux opposés provoque une douleur soudaine presque insupportable. Le jeu de mots rajoute incontestablement un plus à cette fiction.

Laurence Van Hoef

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09/04/2013

Chaque jour m’est une souffrance

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L’angoisse.  C’est par là que tout commence : une tache grise dans une peinture rutilante, un ver dans une pomme luisante, une larme sur une figure souriante.  C’est un poison qu’on s’injecte dans les veines, qui gagne peu à peu tout notre être et qui nous fait sombrer dans notre propre corps comme dans un gouffre.  Sauf qu’il n’y a pas de fond et on tombe, encore, encore, encore …

Et puis tout devient limpide.  Il faut que ça cesse : arrêter de souffrir dans sa tête en souffrant dans sa chair.  Ça devient impérieux, naturel.  On se met à chercher un objet coupant pour faire son office.  On finit TOUJOURS par en trouver un.  On en a disséminé un peu partout comme un chien qui enfouit ses os et ne les déterre que lorsqu’il a faim.

On applique alors la lame sur sa peau et on sourit car on sait qu’on va se purger de sa noirceur.  On appuie dessus et on se met à la faire glisser et tracer des sillons incarnats.
 
Les chairs s’écartent mais elles ne saignent pas tout de suite.  C’est comme si elles retenaient leur souffle avant d’expirer.  Puis tout à coup, le sang se met à affluer, à dessiner d’étranges arabesques sur la peau et venir former une flaque vermeille à nos pieds.

On sent le liquide s’écouler hors de nous.  Chaud, visqueux … rassurant.  On sent son odeur.  Douceâtre, cuivrée … réconfortante.  Il emporte avec lui le poison de l’angoisse.  On se sent en paix.

Et enfin on se rend compte de ce qu’on a fait …

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27/03/2013

Enceint(e) ?

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« Enceint(e) ? » fait partie d’une série de photos publiée dans le magazine Victoire.

Cette photo a été la plus complexe à réaliser au niveau de la retouche et illustre aussi très bien l'humour et le cynisme que j'aime dans le travail d’Irving S. T. Garp.

Au début, Irving et moi-même étions partis sur une chromie beaucoup plus "Polaroid".

(J'aime travailler en duo avec le photographe, car cela permet d'aller directement dans la même direction, de gagner du temps et de n'avoir aucune frustration de la part des deux parties).

Cette version, que vous ne verrez sans doute jamais, était donc plus sombre et surtout beaucoup plus verte. Elle ne contenait pas non plus les éléments au sol (la canette et le landau).

Lorsque nous avons présenté la série complète dans sa première version, le magazine Victoire ne s'est pas retrouvé dans les couleurs ni dans l'histoire que racontait cette série.

Afin de satisfaire au mieux le client, nous avons donc dû relever un challenge : leur présenter une nouvelle version plus dynamique de la série sans pour autant pouvoir rephotographier !

Après réflexion, l'idée d'accentuer l'humour en incluant des éléments justifiant les poses des modèles et les titres des images a été trouvée. Les couleurs ont aussi étés rafraîchies pour enlever le côté vieillot et kitsch des images.

Irving et moi-même nous sommes-nous donc mis à la recherche d'images sur Internet qui pourraient être incrustées (Vive Photoshop !).

Tout le défi après était de rendre la lumière et les ombres crédibles. C'est une partie très excitante du boulot de retouche. Le avant/après est toujours gai à faire et la satisfaction d'avoir créé une nouvelle image, juste et drôle, est énorme!

Cette idée a fait mouche puisque Victoire a aimé et publié les photos.

Challenge réussi… Santé ! ;)

(L'abus d'alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération)

Antoine Melis
Retoucheur
www.antoinemelis.com

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06/03/2013

Monsieur Guillotin, Coiffeur

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Irving S. T. Garp fait partie de ces personnes qui, dès la première rencontre, vous intriguent et vous donnent envie d'en savoir plus.

D'abord par sa profession… Irving S. T. Garp est prosecteur, c'est-à-dire qu'il prépare et gère les cadavres humains dédiés à la dissection et à l'enseignement des étudiants en médecine. Il est, en quelque sorte, un dépeceur professionnel qui agit en toute légalité.

Ensuite par ses talents de photographe qui sont, en grande partie, influencés par son métier.

Dans ses photos, on côtoie souvent la mort, l'anatomie, la médecine, mais surtout un esprit carabin qui leur donne cette touche permanente d'humour, de dérision, d'irréalisme et de provocation.

« Monsieur Guillotin, Coiffeur " illustre parfaitement cette tendance. Dans un premier temps, la photo paraît anodine, mais après quelques secondes, elle dérange, puis fait sourire  et, enfin, interpelle.

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07/02/2013

La Va-Nu-Pieds

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Elle est pieds nus, lui, en chaussures. 

C'est quelque part, sur un quai. 

Il porte une veste et un jean's, et elle, une jupe courte et un pull léger. 

On dirait que, dehors, le climat n'est pas pareil pour l'un et l'autre. 

Sont-ils amis, amants, voisins ou cousins ? 

Sans doute comptent-ils monter dans ce métro-là... ou peut-être pas. 

Il se peut qu'il y grimpe et qu'elle choisisse de rester. 

Ou l'inverse. Ou qu'ils y montent tous les deux. 

On est là, mais on ne sait pas vraiment où, et l'on ne sait pas non plus où on va. 

 

Irving S.T. Garp a suspendu le temps dans un cliché en mouvement où l'interrogation du spectateur rythme le sens de l'image. 

Tandis qu'il laisse tout le champ des possibles quant à l'histoire que nous pouvons déceler dans une composition parfois simple, mais juste, l'artiste nous pose mille et une questions qui ne dépendent que de notre capacité à plonger dans un univers absurde et vrai à la fois, dans une forme de folie où cohabitent sur la même planète l'homme et ses pulsions, l'individu et l'image dérisoire qu'il peut déverser aux yeux des autres, en passant par de l'étrange et du loufoque, du cocasse et de l'insolite.

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28/01/2013

Le photomateur

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Irving S. T. Garp… Derrière ce pseudo hors du commun se cache un univers photographique qui ne l’est pas moins. Le « Sergent-Technicien » de l’image nous raconte des tranches de vie avec son regard décalé, créatif et plein de poésie. Il promène son objectif sur le chemin des mots et de l’inconscient pour nous raconter des chroniques douces-amères sur le monde contemporain qui nous entoure. Il a son propre langage à la fois violemment tourmenté, anecdotique et caustique. Et construit avec patience et minutie des gags visuels toujours humanistes. Un bel exemple que ce « photomateur ». Un savoureux détournement du fameux procédé automatique. Un petit tabouret rond, un rideau court et plissé, un miroir et des flashes qui crépitent. Mais aussi le photographe photographiant une cabine de photomaton, photographe autodidacte sans le concours d’un photographe. Comme l’indiquait André Breton dans les années 20 : « Cette cabine, c’est un système de psychanalyse par l’image ». Ici, on y trouve la coexistence de l’intérieur et de l’extérieur, du caché et du montré, du signifiant et du signifié, de l’humour et de l’absurde. Cette jeune femme décortiquée, anonyme qui pose nue ne dévoile sa poitrine qu’à l’extérieur nous mettant ainsi dans la position du voyeur. Mais n’est-ce point là la chimère de tout photographe ? Un clin d’œil imaginé, un tour de prestidigitation instantané doublé d’une facétie plastique. Je prescris cette photo et cette galerie à tous ceux qui souffrent d'un ennui de l’œil. Dépendance et bonheur assurés !

Yannick Doublet
Photographe

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21/01/2013

Lessivée

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Tiens… encore un mail de Irving S. T. Garp! Il y avait longtemps… euh ou pas en fait ! Il faut dire qu’il ne sait pas se passer de moi. Non content de me voir presque tous les jours à la salle de fitness où nous sculptons nos corps comme il sculpte ses portraits (c’est-à-dire avec beaucoup de décalage), on discute encore par e-mails interposés comme un vieux couple gay… ce que nous ne sommes pas, je rassure tout de suite nos chères et tendres, au risque de décevoir une certaine tranche de la population qui aurait bien voulu, mais je digresse, je digresse. Il faut dire que c’est un peu ma spécialité… enfin, d’après Irving S. T. Garp. Moi, je ne trouve pas, mais passons !

Bon, que me veut-il, l’animal ? Une nouvelle photo pour laquelle il est en panne d’inspiration pour le titre ! Tiens, vous aurez remarqué que dans la phrase précédente, on pourrait éventuellement sous-entendre que ce n’est pas la première fois, voire même que c’est un phénomène assez répétitif ! Si, si, mettez-y l’intonation qu’il faut et vous verrez, enfin, vous entendrez, ce que je veux dire ! Non pas que je veuille exprimer d’une façon ou d’une autre que mon ami Irving soit un excellent photographe, mais un piètre « titreur », non, non, non ! Non pas non plus que je veuille exprimer le fait que son cerveau décalé soit plus axé sur l’image que sur l’idée potentielle et éventuellement sous-jacente qu’un titre pourrait sous-entendre, non, non, non ! Non pas enfin que je veuille me mettre en avant d’aucune façon en me présentant comme son maître à penser qui lui trouve, idées, titres et scenarii… non, non…

Cela dit, c’est arrivé plus d’une fois, mais chut, je ne pouvais pas le dire ! Enfin, cette phrase sera sans doute coupée au montage à l’instar des éléments indésirables qui le sont par Photoshop !

Bon, revenons à nos moutons parce que je cause, je cause et lui, il n’a toujours pas son titre ; C’est quoi la photo ? Oh, elle est chouette, j’aime bien tiens… Bon ben, c’est facile, la fille est complètement « Lessivée » ! Et hop, encore un titre à mon actif ! Et celui-ci il fera date parce qu’il est aussi top que la photo !

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14/01/2013

Les Griffes de la vengeance

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C’est là, dans cette rue que j’arpente encore et encore, de jour comme de nuit malgré la fatigue, dans la peur et l’envie folle de les surprendre, que je veux voir l’insoutenable trahison. La cible est toujours atteinte quand on y met tant de rage. En une seconde, la fureur se déchaîne, indomptable. Elle prend en otage mes pensées sages et s’empare de mes sens pour rendre mon corps fou. Les entrailles en feu, sortir mes griffes pour éteindre cet incendie semble la seule issue, ma seule défense. En un instant, la folie m’est douce et salvatrice. Au diable les hommes, je brûlerai sur un bûcher, et alors... C’est trop tard... De toute façon,  mon monde a basculé depuis longtemps, j’ai bien fait de donner le coup final. Derrière ma sourde colère, maintenant je le sais, se cachait une tendre douceur lovée dans un amour trop grand pour être assumé quand il s’arrête. Irving S. T. Garp a figé sur papier glacé, l’inavouable perte de contrôle de soi. Exigée de tous et garante de la paix dans notre société où tout doit être lisse, surtout pas de débordements honteux…


« Les Griffes de la Vengeance » est la photo d’une femme, terriblement humaine : moi.


Isabelle Baufays

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11/01/2013

L'encombrante

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On entend souvent : « Tout le monde sait faire une photo », « Tout le monde sait poser ».
 
Mais quitter les sentiers battus pour créer une photo - pardon, LA photo - sans le génie du photographe, son professionnalisme, son savoir-faire et sans la complicité du modèle est impossible.
 
Pour  Irving S. T. Garp, ce n’est pas la beauté du modèle qui compte, mais le réalisme de la photo et l’électrochoc qu’elle provoquera chez le spectateur.
 
Grâce à lui, j’ai pu accéder à des mondes que je voulais découvrir et exploiter, loin des images lisses et sans âme que l’on propose souvent aux modèles.
Là, j’ai été menottée à un radiateur dans un garage en plein hiver… (« Le collectionneur de Radiateurs »)
Ici, j’ai été jetée nue dans un conteneur à ordures, couverte de crasse, salie… Je suis nue, mais je joue un personnage, comme au théâtre ou au cinéma. Je joue le rôle d’une femme dont on s’est débarrassée après usage, telle un vulgaire objet de consommation.
Plusieurs personnes assistèrent à la séance photo : des policiers assurant notre sécurité et des agents communaux travaillant dans le parc à conteneurs.
Peu m’importait leur présence : ce n’est pas mon corps nu qu’ils regardaient. Ils étaient les témoins de la (mise en) scène du crime.

Anne Mathey

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09/01/2013

De battre, mon coeur s'est arrêté

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Quand Irving S.T. Garp nous a soumis son projet « Le Corps décortiqué »,  l’enthousiasme a vite succédé à l’étonnement au sein d’UCL Culture, le service culturel de l’université qui l’emploie. Nous avons donc décidé de soutenir cet artiste hors normes qui nous proposait de tenter une aventure inédite et transgressive. Il s’agissait de réaliser, dans un milieu médical (une fac de médecine), avec le concours d’étudiants et de membres du personnel,  une série photographique et une exposition mettant en scène le corps humain. Ce qui nous a surtout enthousiasmés - mais aussi un peu effrayés, soyons francs – c’est le côté décalé et parfois cynique du point de vue. L’humour noir s’invite en effet régulièrement dans cette autopsie originale. Et je me souviens avoir dit à mes collègues, après avoir reçu les premières images plutôt choc de la série, « si un service culturel universitaire n’a pas l’audace de soutenir ce type de projet, il ne lui reste qu’à faire du tricot ». Il fallait d’autant plus appuyer ce projet qu’Irving S.T. Garp a les moyens de ses intentions. Chaque photo est une mise en scène inspirée, techniquement  léchée, inventive et souvent drôle.

L’artiste aime flirter avec les limites, mais toujours avec talent. J’en veux pour preuve cette photo qui a servi de visuel pour les affiches de l’exposition et qui offre plusieurs niveaux de lecture.

Que penser de cette infirmière, sirène ou vampire des temps modernes, séductrice tout autant qu’inquiétante, qui tient dans ses mains un cœur d’homme, capable semble-t-il de le faire saigner comme de le ranimer ? On peut ressentir de prime abord un malaise devant l’ambiguïté de cette mise en scène à la fois onirique (l’infirmière coquine cintrée dans son petit uniforme n’est-elle pas un vieux fantasme masculin ?) et hyper réaliste (le cœur est bien un muscle !). Mais, très vite, un détail, un clin d’œil ou simplement  le titre de la photo viennent attester le second degré et provoquer le rire ou le sourire. En l’occurrence ici, les « POUM G » et « POUM D » du tableau, la pose provocante et le geste de l’infirmière qui ausculte le cœur sanguinolent avec son stéthoscope d’enfant rappellent qu’il s’agit bien d’un jeu, comme le souligne encore le double sens du titre. Mais c’est un jeu qui peut parfois toucher du doigt des régions obscures ou douloureuses de notre personnalité.

Irving S.T. Garp n’a semble-t-il peur de rien, et sûrement pas de l’outrance et de la provocation. Mais sa sensibilité, sa recherche esthétique et son humour subtil lui permettent de ne jamais tomber dans la vulgarité. Un vrai coup de cœur !

Frédéric Blondeau, directeur d’UCL Culture

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07/01/2013

J'irai sniffer sur vos Tombes

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Une seule image… Pourquoi Irving S. T. Garp ne m'a-t-il proposé de ne commenter qu'une une seule image ? Cherche-t-il à déstabiliser ma plume ? On se reconnaît facilement dans chacune d'entre elles. Je rumine, passe en revue avec minutie ses galeries, cherche la réponse dans des signes dit paranormaux que le Ciel, un dénommé « Dieu », nous envoie….
Rien à faire... Merci pour la tuile, j’accepte mon moment « humain » de solitude.
Soyons franc, j'en pince pour la globalité de son travail, tellement vrai, par la simple mise en scène du genre humain et de ses tocs.
Recette? Un zeste de talent, surtout pas de lyrisme et beaucoup d'humour, d’humour piquant. Les idées vêtues de manteaux noirs, qui sont de celles qui vous mettent ce sourire de La Joconde au coin de la lèvre.
Irving, avoue que tes histoires transpirantes de vérité ont dû, plus d’une fois, te faire vivre des nuits blanches amenant presque à la névrose pour les mettre sous « film »?
Je ne suis pas d’accord, mon ami sur le terme « d’amateur ». Tu sais, sans le savoir, où tu vas, et tu t’étonnes que le temps de quelques flashs, tes modèles devenus complices, te suivent à la lettre dans tes réalisations ? Irving, mon cher, tu racontes si bien ce que nous sommes ou pensons dans ce petit jardin secret, arbitré par les anges et les démons de nos pensées.
Choquer gratuitement? Non, la poésie se décèle ici et là.

Victoria Von Fliedner

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06/01/2013

La soumise du Père Noël

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Date : 13 octobre 2012
Concerne : Irving S. T. Garp
Consultation n° 3418

Je suis de plus en plus inquiet quant au développement psychique de ce patient. Lors de cette séance, il m’a fait part d’un rêve qui confirme mon diagnostic de perversion sadique à la limite de la psychopathie. 

Dans ce rêve, le patient est âgé de 13 ans. Il dort lorsque, soudain, un bruit provenant du living attire son attention. Il descend alors les 62 marches de l’escalier de la maison familiale et se retrouve nez à nez avec le Père Noël qui lui propose de le suivre dans le donjon aménagé dans le grenier de la maison familiale. Il découvre alors dans ce grenier toute une série d’outils de tortures, et, au milieu de  cette pièce lugubre, sa grande sœur, servant d’arbre de Noël. Au pied de ce sapin particulier un cadeau : un Canon 5D Mark II 

Le contenu latent de ce rêve nous renvoie irrémédiablement à l’obsession de notre patient, à savoir prendre en photo ses délires pervers de soumission. Cette conduite voyeuriste est d’ailleurs à mettre en rapport avec les raisons de sa consultation et de l’injonction du juge qui l’a soumis à cette démarche thérapeutique. N’oublions pas qu’il a, à ce jour, réalisé une centaine de photos mettant en œuvre ses fantasmes déraisonnés. 

Il persiste chez moi une interrogation :  est-il capable de passer à l’acte et, de ce fait, réaliser ses fantasmes dans le réel ? Le risque étant élevé, je persiste à penser qu’une incarcération dans un centre psychiatrique fermé reste une solution raisonnable.  Par ailleurs, il me semble nécessaire de poursuivre nos entrevues. En effet, les nombreux traumatismes à l’origine de ce comportement pervers n’ont toujours pas été verbalisés et  sont, dès lors, méconnus.

D.Ogez.
Psychothérapeute.

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