15:54

30 déc

Room Service

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Chère Madame Garp,
Par la présente, je suis au regret de vous informer de l’échec de votre mariage. En effet, votre mari est un salopard de première.
Chère madame, je suis la promotion de votre mari, sa réunion tardive du jeudi soir, ses week-ends en congrès et j’en passe… 
Dernièrement, j’ai découvert qu’il était largement promu au point d’atteindre le poste de directeur général de l’entreprise « Je trompe ma femme ».  J’étais moi-même stupéfaite de constater qu’il cumulait les responsabilités avec tant d’ardeur dans le seul but de faire fructifier sa petite entreprise très personnelle. Certes, votre mari est un homme audacieux.
Vous comprenez qu’apprendre que cet homme vous est infidèle avec d’autres que moi, je ne peux le supporter.  J’ai beaucoup de peine à vous l’annoncer ma chère, mais j’aime votre mari. Son charme a eu raison de mon intégrité mentale, il m’a rendue folle à lier. Je ne compte plus les heures passées à côté de mon téléphone à attendre son appel salvateur. Ma vie se résume aux quelques heures qu’il me consacre par semaine et cela doit cesser. Ma mère m’avait pourtant mise en garde contre la nature des hommes. Aucune femme n’est à l’abri de l’égoïsme masculin sur cette terre.
Ce matin, j’ai couché avec lui pour la dernière fois. Comme à son habitude, il est arrivé souriant, heureux à l’idée de prendre son petit-déjeuner entre mes cuisses. Il dégueulait des mots d’amours sans s’arrêter, m’assurant votre séparation imminente.  Comme à mon habitude, j’ai joué la maîtresse passionnée avant de m’embraser sous son corps d’Apollon. A peine l’extase terminée, il a filé à toute allure prétextant une réunion très importante.
Rassurez-vous, je ne verrai plus votre mari. L’humiliation a atteint son paroxysme. Je quitte son équipe de room service. Je démissionne.
Permettez-moi de vous conseiller d’en faire de même…
Je vous prie d’agréer, Madame, l’expression de mes sentiments distingués.


A


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19:02

25 nov

X-Woman

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X se voile et se dévoile.
Inconnue, ou plus tout à fait.
Comme la charpente, sous le rai-x.
Qui es-tu donc, chair X ?
La femme... chromosom-X ?
L'inconnue... anonym-X ?
Le rayon dévoilant...skelet-X ?
Le corps nu... erot-X ?

Fred.L.


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17:50

28 oct

Ne pas oublier de

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L’œuvre « Ne pas oublier de » nous plonge directement dans l’univers décalé et déconcertant de l’artiste Irving S. T. Garp. Comme à son habitude, il fait bien plus que nous provoquer un simple sourire et nous emmène dans un monde de réflexion et de remise en cause. 
Une fois le premier rictus passé, la question « Que ne faut-il pas oublier ? » apparaît comme une évidence.



Est-ce le naturel de cette nudité qui contraste avec les images sexy et glamours des femmes nues sur papier glacé, rappelant que le corps n’est pas un simple objet de désir ? Est-ce la disparition de l’être dans une société de communication de masse où chaque individu lutte quotidiennement pour se différencier tout en restant dans les standards sociétaux ? Ou tout simplement, le besoin, en tant qu’Homme, de tenir ses engagements, d’être une personne digne de confiance, n’ayant qu’une seule parole ; la femme nue se trouvant alors sur la photographie uniquement pour le plaisir des spectateurs et celui de notre photographe ayant l’envie de dévêtir ce charmant modèle…

Pour ma part, travaillant en permanence sur la place du corps et de la beauté dans la société (NDLR : www.un-anonyme-nu-dans-le-salon.com), cette œuvre me rappelle à quel point le visage est si important dans l’attirance, dans la construction de l’individu. Sans sourire, sans regard, sans expression, le corps se vide de sa force vitale et séductrice, devenant le porte-post-it présenté ici. Le léger vignettage de la photographie, tout comme l’absence de différents plans nous montrent cette volonté de réduire le champ de vision, plaçant au fond le spectateur dans une situation assez proche de celui du modèle, nous obligeant ainsi à trouver les réponses aux nombreuses questions évoquées dans cette œuvre. Chacun y trouvera forcement des réponses différentes, mais là est toute la force de l’art contemporain : nous amener à trouver les réponses aux questions que l’artiste nous propose.


Idan Wizen


Idan Wizen est un artiste photographe franco-israélien né en 1984 et travaillant à Paris. Connu principalement pour son projet « Un Anonyme Nu Dans Le Salon » où il tente de mettre à nu l’humanité, il travaille sur la place de la pudeur dans la société ainsi que sur celle de la beauté et de l’attirance. De manière systémique, il propose à chacun, sans le moindre casting de le rejoindre dans son studio photo pour une séance de portraits nus. Plus d’informations : http://www.un-anonyme-nu-dans-le-salon.com


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08:15

8 oct

La dernière Pièce du Puzzle

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Ne commenter qu’une seule photo… Mon dieu ! Que dire ou que redire quand tu as déjà commenté et perdu ta réponse ? Comme le puzzle, mon cerveau a-t-il donc une pièce en moins ?
« La dernière Pièce du Puzzle », voilà un titre de serial killer et je ne serais pas surpris de découvrir Irving S. T. Garp faisant la une de 20minutes ! Rien qu’à lire le titre, je m'attends à trouver des bouts de modèles éparpillés sur tous les murs et cela ne loupe pas ! Effrayant ! Un vrai polar, un vrai Polaroid, devrais-je dire, type Amélie Nothomb. Rassemblons les bouts éparpillés de cette ex-jolie fille. La pauvre, mais il lui manque la tête, elle a perdu la tête ! Cela n’est guère étonnant avec Irving S. T. Garp, car il a toujours une imagination débordante pour raconter une histoire complète et différente à chaque cliché, un humour décalé. Un anglais pourrait dire "mind fuck", ce qui n'est pas pour me déplaire, au contraire.

Marc Lamey
Photographe

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07:44

17 sep

Coupez !

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Caché derrière… Il y a quelque chose caché derrière. (Alain Souchon)

Irving S. T. Garp nous propose à nouveau à travers ce "portrait" des plus décalés de bousculer notre vision des choses et de susciter notre réflexion en nous montrant ce qu'en général on ne voit pas.
D'emblée, l'esthétique du modèle ne fait pas de doute. Pourtant est-on sûr de savoir ce qui se cache derrière cette frange qui va bientôt être coupée ? C'est à ce moment précis où on se pose la question que l'on glisse dans le surréalisme. On pourrait d'ailleurs donner comme titre à cette prise de vue "Ceci n'est pas un portrait" tant la comparaison avec Magritte est loin d'être fortuite. Ce dernier a souvent caché les visages de ses personnages par un oiseau, une pomme ou encore un voile pour permettre à nos esprits d'imaginer ce que bon nous semble. Ici, c'est un rideau capillaire qui sert à la mise en scène pour dissimuler au spectateur la véritable identité du modèle. Cette façon qu'elle a de se cacher tout en se dévoilant illustre un double "je" que le photographe a vraisemblablement voulu souligner dans cette composition. Sa nudité souligne un côté extraverti, mais le fait de se dérober à nos yeux montre plutôt un côté intraverti. L'action dans cette image qui pourtant s'appelle "Coupez !" (encore un paradoxe) est présente grâce justement aux ciseaux qui s'apprêtent à dégager son visage. Il agit comme la clé de la cage où la demoiselle était enfermée. La vérité va enfin pouvoir éclater au grand jour. Mais quelle vérité ?
Quoi qu'il en soit, on ne peut qu'espérer que cette personne qui s'apprête à faire son grand retour à la lumière puisse, enfin, voir les cavaliers en regardant les étoiles, caché derrière…, caché derrière…

Takeo Shirakawa

PS : pour les lecteurs curieux, je vous invite à aller voir ce qu'il en est de ma vision de la solution de cette énigme sur la couverture illustrée par Magritte du livre d'André Breton "Qu'est-ce que le surréalisme ?"


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08:06

23 jui

Fringale nocturne

Fringale nocturne - I.jpg

Le vent joue dans les branches d’une nuit glaciale.
Un clair de lune blafard tranche la pénombre d’une pièce aux arômes subtils.
Je n’y vois goutte, mais un craquement soudain me fait frémir... je commence à vibrer.
Un pas feutré glisse lentement vers moi.
Je n’y vois goutte, mais je sens distinctement l’irruption d’un corps à mes côtés.
Une respiration profonde, presqu’un halètement, se fait entendre et diffuse sa chaleur suave sur mon enveloppe glacée.
La douceur de sa peau me parvient, le temps suspendu, l’instant d’un soupir. Je sens la caresse de ce corps lascif, prêt à m’abandonner. Vais-je à nouveau retrouver l’immense tristesse de mes nuits d’insomnie ?
Soudain, une main ferme me saisit et me fend.
Sa nudité inondée de lumière, la beauté de ses courbes me subjugue, le grain de sa peau d’une finesse remarquable...
Une large brèche est ouverte par laquelle elle plonge dans mes entrailles. Son corps voluptueux poussé par un esprit anéanti se saisit de breuvages onctueux et de mets délicats. Elle résiste d’abord, hésite, puis laisse libre cours à sa fringale nocturne.
Honteuse, elle se rétracte et se laisse choir à mes pieds.
Combien de temps encore, cette étreinte sensuelle rompra-t-elle mon isolement nocturne ?
Le temps viendra où sa volonté rebelle, nos corps incompatibles, ma solitude retrouvée...


© Ph.Cl. février 2013.


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15:55

18 fév

Casque intégral

Casque intégral - I.jpg

Irving S. T. Garp… Son nom donne déjà le ton : un univers à la fois décalé et humoristique qui peut basculer à tout instant d’un moment de légèreté à la dénonciation cinglante d’un fait de société. Irving S. T. Garp traite le Bizarre, la Mort ou encore le Nu, comme dans ce cliché justement intitulé « Casque Intégral ».
Un casque intégral ? Pour ne pas entendre les commérages de la coiffeuse ou les médisances des clientes ?
Un casque intégral ? Pour vivre sa vie à 100 à l’heure, en osant faire fi des conventions et assumer ses choix ?
Ces deux femmes offrent un contraste saisissant : un conflit de génération où se mélangent gêne et totale indifférence. Elles n’ont rien en commun, mais elles sont pourtant assises côte à côte, au même endroit, au même moment, pour satisfaire le même besoin.
Sous ce casque protecteur, on est tous identiques… et en même temps fondamentalement différents. La différence choque, mais elle nourrit aussi.

Laura Douxfils

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09:25

28 jan

Le photomateur

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Irving S. T. Garp… Derrière ce pseudo hors du commun se cache un univers photographique qui ne l’est pas moins. Le « Sergent-Technicien » de l’image nous raconte des tranches de vie avec son regard décalé, créatif et plein de poésie. Il promène son objectif sur le chemin des mots et de l’inconscient pour nous raconter des chroniques douces-amères sur le monde contemporain qui nous entoure. Il a son propre langage à la fois violemment tourmenté, anecdotique et caustique. Et construit avec patience et minutie des gags visuels toujours humanistes. Un bel exemple que ce « photomateur ». Un savoureux détournement du fameux procédé automatique. Un petit tabouret rond, un rideau court et plissé, un miroir et des flashes qui crépitent. Mais aussi le photographe photographiant une cabine de photomaton, photographe autodidacte sans le concours d’un photographe. Comme l’indiquait André Breton dans les années 20 : « Cette cabine, c’est un système de psychanalyse par l’image ». Ici, on y trouve la coexistence de l’intérieur et de l’extérieur, du caché et du montré, du signifiant et du signifié, de l’humour et de l’absurde. Cette jeune femme décortiquée, anonyme qui pose nue ne dévoile sa poitrine qu’à l’extérieur nous mettant ainsi dans la position du voyeur. Mais n’est-ce point là la chimère de tout photographe ? Un clin d’œil imaginé, un tour de prestidigitation instantané doublé d’une facétie plastique. Je prescris cette photo et cette galerie à tous ceux qui souffrent d'un ennui de l’œil. Dépendance et bonheur assurés !

Yannick Doublet
Photographe

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11:22

11 jan

L'encombrante

L'Encombrante.jpg

On entend souvent : « Tout le monde sait faire une photo », « Tout le monde sait poser ».
 
Mais quitter les sentiers battus pour créer une photo - pardon, LA photo - sans le génie du photographe, son professionnalisme, son savoir-faire et sans la complicité du modèle est impossible.
 
Pour  Irving S. T. Garp, ce n’est pas la beauté du modèle qui compte, mais le réalisme de la photo et l’électrochoc qu’elle provoquera chez le spectateur.
 
Grâce à lui, j’ai pu accéder à des mondes que je voulais découvrir et exploiter, loin des images lisses et sans âme que l’on propose souvent aux modèles.
Là, j’ai été menottée à un radiateur dans un garage en plein hiver… (« Le collectionneur de Radiateurs »)
Ici, j’ai été jetée nue dans un conteneur à ordures, couverte de crasse, salie… Je suis nue, mais je joue un personnage, comme au théâtre ou au cinéma. Je joue le rôle d’une femme dont on s’est débarrassée après usage, telle un vulgaire objet de consommation.
Plusieurs personnes assistèrent à la séance photo : des policiers assurant notre sécurité et des agents communaux travaillant dans le parc à conteneurs.
Peu m’importait leur présence : ce n’est pas mon corps nu qu’ils regardaient. Ils étaient les témoins de la (mise en) scène du crime.

Anne Mathey

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