30
sep

Les fétichistes anonymes

photographe,photographie,irving s. t. garp,fétichistes,anonymes,réunion,culotte,string,sous-vêtement

Petit rappel : « Un fétichisme sexuel est une excitation sexuelle causée par un contact visuel et/ou physique d'un objet, d'une partie du corps spécifique ou d'une situation. Ce type de fétiche peut inclure le partialisme (toucher ou visualisation des parties du corps, entre autres seins, fesses, jambes, nombril, mains, nez ou plus communément pieds), un ou plusieurs objets (gants, collants, bottes et chaussures), ou une matière (cuir et latex). Dans les cultures primitives, le fétichisme désigne l’adoration d’idoles ou d’objets fétiches censés être dotés d'un pouvoir. Au tournant des XIXe et XXe siècles, le terme subit une extension du champ sémantique vers le domaine sexuel. Un fétichiste devient l’adepte non plus d’une religion, mais d’une activité sexuelle évolutive selon la liberté. »
Les fétichismes les plus courants étant les dessous féminins, les chaussures à talons, les bas, les pieds de femme, le cuir, le latex, on peut se demander si la Femme ne serait pas l’ultime accessoire indispensable, la came du mâle fétichiste.
Depuis longtemps, et encore actuellement, beaucoup confondent fétichisme et BDSM (même s’il est vrai que dans la réalité les deux milieux sont étroitement liés, autant liés que fétichisme et libertinage). De ce fait, le fétichisme est resté bien caché, enfoui sous le lourd manteau de la pudeur et de la moralité.
Bien que les médias et les réseaux sociaux commencent désormais à les faire apparaître au grand jour, nous les dévoilent sous toutes leurs formes, nous en faisant découvrir l’esthétisme, la mise en valeur, les arts qui y sont associés, le fait d’être fétichiste amène bien (trop ?) souvent à s’en cacher, à ne pas l’avouer, à avoir presque honte de ses fantasmes «déviants»… à placer ses préférences au même rang qu’une maladie… C’est cette incompréhension de ce refoulement qui m’a interpellée et fait choisir ce cliché d’Irving S. T. Garp, parmi toutes ses photos timbrées qui sortent de son imagination, pour notre plus grand plaisir…
Pour celles et ceux qui souhaiteraient découvrir le fétichisme en douceur je ne saurais que trop vous recommander les clichés de Peter Czernich, d’Eric Bonzi , des Ultimate psycho, de Julien Reynaud, de Phoebus Kalista, d‘Olivier Bœuf, de Jêrome Zarbeb, de Frédéric Fontenoy… Et la liste est encore longue…
Pour y mettre un pied par le biais d’une soirée, je vous conseille le Bal des Supplices, ou l’Obscène Factory pour la France, les incontournables Torture Garden pour l’Angleterre, les Fetish Project belges, la Fetish Evolution pour l’Allemagne… Bien que les noms des soirées puissent laisser imaginer des scènes insoutenables, elles sont, en dehors de l’incontournable «coin donjon», une occasion de se réunir entre personnes partageant les mêmes fantasmes, les assouvir si l’on veut, dans nos tenues et accessoires importables ailleurs (merci à tous ces fantastiques créateurs, magiciens du cuir, du latex, du vinyle, du métal…), le tout dans des ambiances de folie… Remercions les organisateurs de toutes ces soirées d’offrir la possibilité, l’espace d’un instant, de sortir de cet anonymat !
En espérant que vous verrez cet univers sous un autre œil, car après tout, nous sommes tous des fétichistes en puissance, en devenir ou refoulés : il n’y a pas que le fétichisme «sexuel». On adore tous quelque chose à l’extrême. Cherchez bien…
Fétichement vôtre

Thalia

www.wix.com/thaliamodele/thalia

| |  Facebook | | |

24
sep

Omar m'a maquiller

photographe,photographie,irving s. t. garp,omar,maquiller,maquillage,rouge,fard,rimmel,meurtre

« J’ai vraiment cru que j’allais mourir d’asphyxie avec tous mes pores recouverts et obstrués. De quoi en plus finir morte et pleine de boutons ! Tu n’imagines pas la scène, c’était horrible !
 
Je rentre du boulot, je jette tout sur le canapé, je branche la télé... Je vais dans la salle de bain pour me refaire une beauté, car je prévoyais de sortir prendre un verre avec une copine. Je me mets devant la glace, j’inspecte mon make-up et là, j’entends des bruits bizarres derrière moi… Clac  clac ! Sur le moment, je n’y ai pas prêté grande attention, mais d’un coup le rideau de douche qui se trouvait dans mon dos s’est ouvert brusquement et là, j’ai tellement eu peur que je suis tombée dans les pommes.
 
A mon réveil, il me manquait mon tailleur, je n’étais plus qu’en culotte, haut et talons. Au sol, il y avait plein d’affaires à maquillage et de poudres différentes éparpillées un peu partout, poudre à paupières, poudre de teint, blush… C’était un vrai carnage ! Mais le pire… c’est quand je me suis relevée. Me dirigeant instinctivement vers la glace, j’ai été prise de torpeur ! J’étais maquillée outrageusement, mon visage avait été défiguré par des couleurs criardes et des couches successives de maquillage qui formait une véritable mille-feuille sur ma peau. Alors, je me suis sentie très mal, et je sentais que je perdais de nouveau pied face à la vision de ce crime esthétique.
 
J’essayais de me rappeler ce qu’il s’était passé et de m’accrocher à ces souvenirs pour en laisser une trace avant de m’évanouir de nouveau. Là, je me suis rappelée des détails. Le rideau s’ouvre, je sursaute, j’aperçois une énorme masse dans la douche. J’ai vu dans ma glace le reflet d’une chose énorme et immonde, une grosse masse bleue-grise qui faisait des bruits effrayants avec les membres volumineux qui lui servaient de bras et de mains. J’agrippe rapidement un rouge à lèvres, et là je grave mon souvenir sur ma porte de salle de bain, avant de tomber encore une fois dans les pommes.
 
Non mais, tu aurais pu croire ça ? Que ça m’arrive à moi ? Jamais je n’aurais pensé être un jour agressée par un homard fétichiste du maquillage. Mais tu t’étonnes qu'il soit frustré, le pauvre, avec des énormes pinces à la place des mains, comment pourrait-il un jour réaliser un make-up digne de ce nom ?! Je le plains en fait. »

Ava Brown

| |  Facebook | | |

17
sep

"Vous avez dit bizarre ?" à l'Espace Arte-Fac

irving s. t. garp,photographe,exposition

"VOUS AVEZ DIT BIZARRE ? " & "VERY FAST TRIP"

Irving S. T. Garp vous invite à découvrir sa série "Vous avez dit bizarre ?", une caricature photographique qui porte un regard décalé et ironique sur notre société et ses travers.

"Lessivée", la photo qui illustre l'exposition, a été lauréate du grand concours international organisé par le magazine PHOTO.

Irving S. T. Garp ouvre les portes de son exposition à Michaël Massart et sa série "Very Fast Trip", une fable contemporaine sur l'obsolescence programmée, la surconsommation. Ce que notre société porte aux nues aujourd'hui est jeté à la poubelle le lendemain. Grandeur et décadence : les meilleures ennemies du monde.

Les artistes vous proposent de découvrir leurs univers photographiques.

Où ? : "Espace Arte-Fac", Avenue Martin V, 14 à 1200 Bruxelles (Métro Alma)

Quand ? : Du 14 octobre au 2 novembre 2013

Horaire : Le lundi de 13 h à 19 h - Du mardi au vendredi de 13 h à 17 h

Rencontrez les artistes le samedi 2 novembre de 14 h à 16 h

Vernissage le mardi 15 octobre de 17 h à 21 h. Invitation cordiale à tous.
Lors du vernissage, Irving S. T. Garp dévoilera en exclusivité plusieurs photos inédites.



| |  Facebook | | |

Coupez !

photographe,photographie,irving s. t. garp,femme,nue,nudité,portrait,cheveu,ciseaux,mèche

Caché derrière… Il y a quelque chose caché derrière. (Alain Souchon)

Irving S. T. Garp nous propose à nouveau à travers ce "portrait" des plus décalés de bousculer notre vision des choses et de susciter notre réflexion en nous montrant ce qu'en général on ne voit pas.
D'emblée, l'esthétique du modèle ne fait pas de doute. Pourtant est-on sûr de savoir ce qui se cache derrière cette frange qui va bientôt être coupée ? C'est à ce moment précis où on se pose la question que l'on glisse dans le surréalisme. On pourrait d'ailleurs donner comme titre à cette prise de vue "Ceci n'est pas un portrait" tant la comparaison avec Magritte est loin d'être fortuite. Ce dernier a souvent caché les visages de ses personnages par un oiseau, une pomme ou encore un voile pour permettre à nos esprits d'imaginer ce que bon nous semble. Ici, c'est un rideau capillaire qui sert à la mise en scène pour dissimuler au spectateur la véritable identité du modèle. Cette façon qu'elle a de se cacher tout en se dévoilant illustre un double "je" que le photographe a vraisemblablement voulu souligner dans cette composition. Sa nudité souligne un côté extraverti, mais le fait de se dérober à nos yeux montre plutôt un côté intraverti. L'action dans cette image qui pourtant s'appelle "Coupez !" (encore un paradoxe) est présente grâce justement aux ciseaux qui s'apprêtent à dégager son visage. Il agit comme la clé de la cage où la demoiselle était enfermée. La vérité va enfin pouvoir éclater au grand jour. Mais quelle vérité ?
Quoi qu'il en soit, on ne peut qu'espérer que cette personne qui s'apprête à faire son grand retour à la lumière puisse, enfin, voir les cavaliers en regardant les étoiles, caché derrière…, caché derrière…

Takeo Shirakawa

PS : pour les lecteurs curieux, je vous invite à aller voir ce qu'il en est de ma vision de la solution de cette énigme sur la couverture illustrée par Magritte du livre d'André Breton "Qu'est-ce que le surréalisme ?"


| |  Facebook | | |

10
sep

Mort de Faim

photographe,photographie,irving s. t. garp,mort,faim,mendiant,mendicité,rue,trottoir,pièce,meutre,indifférence

"Qui étais-tu ? D'où venais-tu ? Quel était ton visage ?"… telles sont les questions qui me sont venues à l'esprit en voyant cette photographie. Je l'ai choisie, car son originalité réside dans le fait que le sujet en est absent. Les témoins de sa présence ne sont pas humains, mais de dérisoires objets: un carton et des traces de craie. Nous ne le voyons pas sur cette photo, mais l'avons-nous vu avant qu'il ne disparaisse ? Ou était-ce une femme ? Nous ne le savons pas : sans domicile fixe, sans visage ineffable, vie effaçable. Qui était-il ? Que faisait-elle ?

La photo indique qu'il est mort de faim, mais nous laisse dans l'incertitude concernant sa vie. Par la photographie, nous parlons de son existence : le temps de ce texte, cette personne décédée prend vie. Mais qui était-elle ? Quelle était son histoire ? Que lui était-elle arrivé pour en arriver là  ? "Il", "elle", cela n'a plus d'importance. Le temps de ces interrogations, elle existe et c'est le plus important. Le carton sur lequel est écrit : "Mort de faim" nous fait penser que, bien que passé à trépas, le vagabond continue de mendier comme si le lieu avait pris l'empreinte de sa présence et de sa souffrance. Comment soulager une personne ? Comment soulager un lieu ? Est-il mort en janvier, en novembre ? Était-ce la nuit ou le jour ? A moins que pour lui ou elle, le temps n'avait suspendu son vol depuis longtemps, comme s'il s'était échappé de l'emprise temporelle qui pèse sur chacun de nous. Peut-être même, continue- t-elle à mendier, dans ce froid glacé, à mendier avec son  carton pour récolter de maigres pièces. Assise à cet endroit, elle devait y passer des heures. Sans doute, la Mort n'a-t-elle pu elle-même l'en dissocier ? La photographie cadre le tracé dessiné à la craie par la police : ce n'est plus une personne qui est ciblée, mais le fantôme de son inéluctable absence ?
.
Sans le regard des autres pour qu'elle puisse se voir elle-même, elle a commencé à se perdre, à mourir. Le début de la déchéance n'est pas l’abandon, mais la fuite du regard. A ce moment-là, cette femme commençait à se perdre elle-même, sans personne pour lui dire qu'elle existait. Nous existons par le biais des yeux de ceux qui nous entourent. Nous vivons grâce à cette interrelation. Sans cette amarre, que faire alors ? Mourir…

Et pourtant, la vie semble s'amuser à faire un sacré pied de nez à la mort, en redonnant vie à la défunte, le temps d'une photo. Nous voyons son lieu de vie, nous voyons ses objets et devinons l’utilité qu'elle en avait. Malgré la mort, la vie continue de les animer et d'alimenter cette discussion écrite. Ainsi, une simple photographie peut être l'imparable et redoutable objet de régénérescence, si d'autres personnes sont présentes pour les voir.  Voir c'est vivre. Si le vagabond souffrait de la solitude, ce n'est plus le cas ; Nous sommes plusieurs à disséquer ses dernier gestes, dernière posture, dernière pensées.

Ainsi, cette photographie redonne vie à cette personne,  femme ou homme décédé,  par les paroles échangées entre les visiteurs de cette exposition, sur le blog.

Sandra Bisseron

| |  Facebook | | |

2
sep

Face à mon Destin

Face à mon Destin - I.jpg

Cette image, très forte, oscille entre l’onirisme cauchemardesque et le réalisme social. Une sorte de voie sans issue ou même le demi-tour semble improbable tant le personnage semble figé devant ce mur de briques. Cette sensation de demi-tour impossible est renforcée par la carrure de l’homme prenant toute la largeur du couloir. Ses épaules affaissées indiquent un renoncement. Le cadrage en plan américain suggère également cette idée comme si le modèle était « planté » ad eternam devant ce mur.
Sans doute l’analogie avec le thème du film « the wall » peut-il traverser l’esprit du spectateur, mais ici, contrairement au film, personne ne semble attendre au-dehors du mur.
L’idée d’isolement, à la limite de la folie, envahit l’espace et se projette à nous autres, spectateurs à l’extérieur. Nous sommes aussi impuissants à l’aider que lui à bouger.
Techniquement renforcée par un rendu très dur (évident sur les briques et les vêtements), un cadrage centré et un plan serré, c’est l’image parfaite de l’impasse onirique et sociale que le titre, « Face à mon destin » souligne à merveille. Et, avec toujours en filigrane : l’ironie, un destin vide pour une photo pleine (de briques).

Michel Chauvin

| |  Facebook | | |