30
jui

Myxomatose

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"Old Bunny"

Moi qui fus une Bunny pétillante et sexy, me voilà aujourd'hui toute décatie, perclue de rhumatismes, effets douloureux de la myxomatose des Bunnies. Risques du métier !

Je n'ai aujourd’hui comme seul compagnon que mon cher déambulateur.

Oui, il fut un temps où je passais avec agilité, souriante, la poitrine en avant, mon plateau de boissons à bout de bras, ma petite queue en fourrure frétillant de plaisir, entre les clients qui n'avaient d'yeux que pour mes charmes.

Bunny, je fus, Bunny, je reste ! Jamais je ne quitte ma tenue : serre-tête, poignets, body. Seules s'ajoutent des chaussettes… à mon âge, un rhume est si vite arrivé !

Brigitte

 

 

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23
jui

Fringale nocturne

Fringale nocturne - I.jpg

Le vent joue dans les branches d’une nuit glaciale.
Un clair de lune blafard tranche la pénombre d’une pièce aux arômes subtils.
Je n’y vois goutte, mais un craquement soudain me fait frémir... je commence à vibrer.
Un pas feutré glisse lentement vers moi.
Je n’y vois goutte, mais je sens distinctement l’irruption d’un corps à mes côtés.
Une respiration profonde, presqu’un halètement, se fait entendre et diffuse sa chaleur suave sur mon enveloppe glacée.
La douceur de sa peau me parvient, le temps suspendu, l’instant d’un soupir. Je sens la caresse de ce corps lascif, prêt à m’abandonner. Vais-je à nouveau retrouver l’immense tristesse de mes nuits d’insomnie ?
Soudain, une main ferme me saisit et me fend.
Sa nudité inondée de lumière, la beauté de ses courbes me subjugue, le grain de sa peau d’une finesse remarquable...
Une large brèche est ouverte par laquelle elle plonge dans mes entrailles. Son corps voluptueux poussé par un esprit anéanti se saisit de breuvages onctueux et de mets délicats. Elle résiste d’abord, hésite, puis laisse libre cours à sa fringale nocturne.
Honteuse, elle se rétracte et se laisse choir à mes pieds.
Combien de temps encore, cette étreinte sensuelle rompra-t-elle mon isolement nocturne ?
Le temps viendra où sa volonté rebelle, nos corps incompatibles, ma solitude retrouvée...


© Ph.Cl. février 2013.


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16
jui

Ceci n'est pas une Pipe

Ceci n'est pas une pipe.jpg

Lecture matinale

 

Il a pris le livre

Sur la table

Il a feuilleté 

Page après page

Il s'est amusé de sa lecture, puis

Avec langueur, il a soupiré.

Il a marché jusqu'à moi

Et il s'est arrêté, tout près

Il a allumé sa pipe

Il a fait rougeoyer le tabac

Il a mis les cendres dans le cendrier

Sans me parler

Sans me regarder

Il s'est assis

Il a posé son chapeau sur l'horizon

Il a ouvert son veston

Parce qu'il s'impatientait un peu

Et il est resté fasciné

Sous le charme de sa lecture

Sans un mot

Sans un geste

Et moi, j'ai pris sa pipe dans le cendrier

Et j'ai fumé.

 

Chrystel 

http://lejournaldechrys.blogspot.be/

http://chrystel-mphotographies.blogspot.fr/

 

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9
jui

Les Stigmates de la Beauté

Les Stigmates de la Beauté.jpg

"Avez-vous remarqué comme la photographie – cet art qui prétend nous montrer les choses comme elles sont – a le regard bien sélectif ? Les familles sont heureuses et unies, les voitures neuves, la météo clémente et la nourriture abondante sur des tables peuplées de gens très sympathiques et bien sobres… Montre-t-elle autre chose, c’est alors du journalisme ou du documentaire… et plus l’image est alors terrible, plus elle fera recette.

Pour ma part, je crois plus à la force du réel qu’à l’intérêt de passer tous les clichés à la moulinette de Photoshop ! Un corps –plus encore s’il est nu – peut être plus ou moins beau, plus ou moins agréable à regarder, mais dans tous les cas, il porte les traces de son histoire (une cicatrice par ci, une vergeture par-là), mais aussi d’événements bien plus récents (une marque de bronzage, celle d’un sous-vêtement, une rougeur due à une allergie ou une petite infection) ainsi que les signes de son espèce (comme cette pilosité qui, homme ou femme, recouvre plus ou moins discrètement l’ensemble de notre corps).

Avez-vous remarqué comme la publicité (et toute la photographie qui s’y assimile comme celle qui représente nos vedettes) a horreur de ces signes de vie ? La peau est lissée au point de ne plus être une peau, mais une surface synthétique. Tout poil disparaît, toute ride, toute trace d’âge ou de fatigue.

Et pourtant, n’est-ce pas dans ces stigmates que résident précisément la beauté ainsi que notre humanité ?"

 

Charles Lemaire 

Photographe 

http://biloko.blogspot.be/

 

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2
jui

Chambre à Part

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Dans le lit, tout est affaire de taille : 1m20, 1m40, 1m60, voire plus de 2 mètres sur 1m80, 2 mètres et plus encore… C’est donc un peu plus d’1.05 m² qui distingue le lit d’amour du libertin du lit au format le plus répandu sous nos latitudes. 1 mètre² qui peut faire toute la différence puisque de lieu de proximité, de promiscuité des corps menant inévitablement à une rencontre sensuelle, il peut se muer en une frontière, un mur, un no mans’ land séparant ces mêmes corps qui d’objets de désir et d’union sont devenus étrangers l’un pour l’autre, dépositaires de la colère, de la rancœur, de la lassitude mais toujours objets des passions humaines. Bien que conjugal, le lit n’en est pas moins composé de deux parties, le côté gauche et le côté droit, et à chacun son côté !  Ainsi, selon le moment et l’humeur, un est deux et deux font un. Il voit la  rencontre de passage comme celle de toute une vie. Il est le témoin privilégié de la condition humaine : on y naît, on y dort, on y fait l’amour, on y souffre, on s’y déchire, on s’y retrouve, on s’y réconcilie, on y parle, on y meurt. S’il est objet de repos, il est également sujet d’évasion. Un lit, c’est quelques mètres carrés qui constituent un monde en soi, témoin privilégié de la destinée humaine qui parfois s’efface sous la forme d’un canapé.

Philippe Rouard




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