10:42

16
avr

Tanguy (La Séparation)

Tanguy (la séparation).jpg

Le monde selon Irving S. T. Garp…

On ne sort pas indemne d'une photographie d’Irving S. T. Garp.  Pas davantage du roman « Le monde selon Garp » de l'américain John Irving.

Voici sans aucun doute la photographie, à la fois, la plus explicite et insidieuse quant au choix du photographe de prendre le pseudonyme d' Irving S. T. Garp.

Le tableau met en scène une triade tragi-comique réunissant un adolescent affecté, hagard, une femme dévitalisée, et, oscillant de l'un à l'autre, le médecin.

En identifiant avec stupéfaction le cordon ombilical qui les relie, le lien de parenté mère-fils est aisément établi. Il y a urgence. L'intervention du médecin est rapide, son diagnostic sans appel ; il est crucial de couper le cordon.

La position centrale occupée par le médecin urgentiste dans l'image est déterminante. Elle accentue sans conteste l'absence du père biologique.

Nous ne connaîtrons pas la chute de ce huis-clos parodique. L'instant photographique ne nous la révèle pas. La séparation opérée par le coup de ciseaux ramènera-t-elle ce Tanguy à la vie ?

Y a-t-il seulement une vie après la mort ?

Garp révèle au monde son auteur, John Irving. Leur vie s'imbrique étonnamment. Tous deux écrivains, ils ne connaîtront jamais leur père. Garp, particulièrement, souffrira d'avoir été conçu et élevé par une mère absolument seule, de surcroît féministe, qui n'accepte absolument pas la concupiscence masculine. La vie sera féroce pour Garp, particulièrement sa relation avec les femmes. L'écriture l'en sortira.

Tanguy (La séparation) restera la photographie pour laquelle Irving S. T. Garp utilise l'appareil photo avec toute la dextérité qu'il réserve au scalpel.

Jean-Luc Tillière
Photographe

| |  Facebook | | |