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9
avr

Chaque jour m’est une souffrance

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L’angoisse.  C’est par là que tout commence : une tache grise dans une peinture rutilante, un ver dans une pomme luisante, une larme sur une figure souriante.  C’est un poison qu’on s’injecte dans les veines, qui gagne peu à peu tout notre être et qui nous fait sombrer dans notre propre corps comme dans un gouffre.  Sauf qu’il n’y a pas de fond et on tombe, encore, encore, encore …

Et puis tout devient limpide.  Il faut que ça cesse : arrêter de souffrir dans sa tête en souffrant dans sa chair.  Ça devient impérieux, naturel.  On se met à chercher un objet coupant pour faire son office.  On finit TOUJOURS par en trouver un.  On en a disséminé un peu partout comme un chien qui enfouit ses os et ne les déterre que lorsqu’il a faim.

On applique alors la lame sur sa peau et on sourit car on sait qu’on va se purger de sa noirceur.  On appuie dessus et on se met à la faire glisser et tracer des sillons incarnats.
 
Les chairs s’écartent mais elles ne saignent pas tout de suite.  C’est comme si elles retenaient leur souffle avant d’expirer.  Puis tout à coup, le sang se met à affluer, à dessiner d’étranges arabesques sur la peau et venir former une flaque vermeille à nos pieds.

On sent le liquide s’écouler hors de nous.  Chaud, visqueux … rassurant.  On sent son odeur.  Douceâtre, cuivrée … réconfortante.  Il emporte avec lui le poison de l’angoisse.  On se sent en paix.

Et enfin on se rend compte de ce qu’on a fait …

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