18
fév

Casque intégral

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Irving S. T. Garp… Son nom donne déjà le ton : un univers à la fois décalé et humoristique qui peut basculer à tout instant d’un moment de légèreté à la dénonciation cinglante d’un fait de société. Irving S. T. Garp traite le Bizarre, la Mort ou encore le Nu, comme dans ce cliché justement intitulé « Casque Intégral ».
Un casque intégral ? Pour ne pas entendre les commérages de la coiffeuse ou les médisances des clientes ?
Un casque intégral ? Pour vivre sa vie à 100 à l’heure, en osant faire fi des conventions et assumer ses choix ?
Ces deux femmes offrent un contraste saisissant : un conflit de génération où se mélangent gêne et totale indifférence. Elles n’ont rien en commun, mais elles sont pourtant assises côte à côte, au même endroit, au même moment, pour satisfaire le même besoin.
Sous ce casque protecteur, on est tous identiques… et en même temps fondamentalement différents. La différence choque, mais elle nourrit aussi.

Laura Douxfils

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12
fév

Dark Blue Night

Dark blue Night - I.jpg

Commenter « Dark Blue Night », photographie ou l’artiste lui-même est auteur – compositeur – interprète, sans parler d’Irving m’est impossible. Permettez-moi donc d’introduire mon commentaire par ces quelques lignes.

Irving S. T. Garp est bien plus qu’un photographe, c’est en véritable artiste qu’il évolue sur la scène belge. Parfois osés, fréquemment interpellants, souvent décalés, ses clichés sont le témoignage de son grand art. Irving fait l’analogie entre le roman « Le Monde selon Garp » de John Irving et son univers photographique en créant une situation inattendue dans une scène de la vie de « tous les jours » ; « Dark Blue Night » en est un parfait exemple.

J’interprète « Dark Blue Night » comme « l’artiste qui se met au service de son art »,

Irving se livrant ici sans aucune pudeur en affichant sa nudité sans pour autant l’imposer.

Cette photographie reflète l’ambiance « made in Irving» : épurée, macabre (rappelez-vous du succès de « L’Auto-stoppé »), mais aussi tellement humaine, interrogatrice, voire dérangeante… L’artiste parvient ici à transformer une salle de bain d’un hôtel de luxe en une pseudo chambre mortuaire de façon tout à fait surprenante.

Plus j’observe cette photo, plus je m’interroge, plus je pousse en moi cette réflexion profonde et personnelle qui, sans cette scène, je n’aurai certainement jamais eue. Dos à l’appareil, face au miroir, de reflet sur la table, de profil avec la tête cachée, sous tous ses angles, ce cliché est parfait !

Une modèle, une admiratrice, une amie.

Margaux RUBI

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7
fév

La Va-Nu-Pieds

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Elle est pieds nus, lui, en chaussures. 

C'est quelque part, sur un quai. 

Il porte une veste et un jean's, et elle, une jupe courte et un pull léger. 

On dirait que, dehors, le climat n'est pas pareil pour l'un et l'autre. 

Sont-ils amis, amants, voisins ou cousins ? 

Sans doute comptent-ils monter dans ce métro-là... ou peut-être pas. 

Il se peut qu'il y grimpe et qu'elle choisisse de rester. 

Ou l'inverse. Ou qu'ils y montent tous les deux. 

On est là, mais on ne sait pas vraiment où, et l'on ne sait pas non plus où on va. 

 

Irving S.T. Garp a suspendu le temps dans un cliché en mouvement où l'interrogation du spectateur rythme le sens de l'image. 

Tandis qu'il laisse tout le champ des possibles quant à l'histoire que nous pouvons déceler dans une composition parfois simple, mais juste, l'artiste nous pose mille et une questions qui ne dépendent que de notre capacité à plonger dans un univers absurde et vrai à la fois, dans une forme de folie où cohabitent sur la même planète l'homme et ses pulsions, l'individu et l'image dérisoire qu'il peut déverser aux yeux des autres, en passant par de l'étrange et du loufoque, du cocasse et de l'insolite.

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